Lesobjectifs de l'Institut. - Être un lieu de mĂ©moire et de rencontre autour de la vie et de l'oeuvre d'Olivier de Serres. - ProtĂ©ger et enrichir les lieux, objets, archives, et recherches sur Olivier de Serres. - Publier et aider Ă  la publication des ouvrages documentĂ©s et pertinents sur Olivier de Serres. Le Myrte, en quelques mots Les Myrtes sont des arbustes persistants de climat doux au feuillage aromatique et mĂ©dicinal Les petites fleurs en Ă©toiles blanches parfumĂ©es ponctuent le feuillage durant tout l’étĂ© Les baies noires, rouges ou blanches animent le jardin durant la mauvaise saison Rustiques en climat mĂ©diterranĂ©en et sur la façade atlantique, ils se plaisent dans tout sol pauvre, sec et drainĂ© Le mot de notre experte Les Myrtes sont des arbustes persistants Ă©vocateurs de maquis et de senteurs balsamiques. Ce sont des arbustes sans entretien, robustes et toujours verts, plus ou moins volumineux, et dotĂ©s d’une croissance lente. Il existe de nombreux cultivars Ă  port plus ou moins compacts qui permettent des utilisations multiples en jardin sec depuis l’imposant sujet isolĂ© jusqu’au talus tapissĂ© de formes naines et ce quelle que soit l’exposition et la proximitĂ© du bord de mer. CĂ©lĂšbres pour le parfum intense du feuillage, le myrte se prĂȘte Ă  des tailles rĂ©pĂ©tĂ©es et s’utilise aussi bien en haie qu’en massif, sous forme de topiaire ou en pot. Le feuillage vert sombre scintille d’une floraison estivale de toute beautĂ©, Ă  la fois lĂ©gĂšre, gĂ©nĂ©reuse et parfumĂ©e, s’étalant sur plus de 2 mois. Le parcours du maquis ou de la garrigue de larriĂšre-pays mĂ©diterranĂ©en donne Ă  voir cet arbuste si typique en bordure de forĂȘt de pins ou de chĂȘnes, reconnaissable entre tous grĂące Ă  ses petites feuilles ovales aromatiques un peu piquantes. Le myrte commun se rencontre sur une large variĂ©tĂ© de sols, acides, neutres Ă  calcaires selon les clones, et de 0 Ă  400 m d’altitude. Il existe des myrtes chiliens, Ă  l’écorce trĂšs dĂ©corative orange et crĂšme qui semblent plus tolĂ©rantes au gel que le Myrtus communis mais qui rĂ©clament une atmosphĂšre plus humide. On en observe de trĂšs beaux spĂ©cimens en Grande-Bretagne ou en Irlande. IngĂ©nieure horticole, Eva cumule plus de 20 annĂ©es d'expĂ©rience dans le vĂ©gĂ©tal. PassionnĂ©e de botanique et d'Ă©cologie, elle a exercĂ© ses talents dans de nombreux domaines l'enseignement technique, ... Voir tous mes articles Description et botanique Fiche d'identitĂ© Nom latin Myrtus communis Famille Myrtaceae Nom commun Myrte commun Floraison entre juillet et septembre Hauteur entre 0,30 et 5 m Exposition soleil ou mi-ombre Sol tout sol mĂȘme mĂ©diocre, pas trop sec, Ă  pH variable selon le cultivar RusticitĂ© Moyenne -10 Ă  -12°C Le terme myrte » s’applique Ă  un certain nombre d’arbustes Ă  feuillage aromatique de la famille des MyrtacĂ©es de diffĂ©rentes provenances. Le plus cultivĂ© Ă©tant originaire de la zone mĂ©diterranĂ©enne, constitue le genre Myrtus qui rĂ©unit 3 espĂšces. Les myrtes du Chili et Bolivie comprennent les genres Luma et Ugni , ceux de Nouvelle-ZĂ©lande, le genre Lophomyrtus. PrĂ©cisons que le Myrte de Nouvelle-ZĂ©lande ou faux-myrte dĂ©signe aussi le Leptospermum. Myrtus Ă©tait tout simplement le nom donnĂ© par les Romains et Grecs Ă  l’arbuste mĂ©diterranĂ©en – en grec le radical du nom se rĂ©fĂšre au parfum » – tandis que communis, signifiant commun » indique sa frĂ©quence au sein du matorral. Le myrte commun est donc un arbuste persistant qui se rencontre Ă  l’état sauvage Ă  la lisiĂšre des forĂȘts de chĂȘnes ou de pins, dans les garrigues et maquis rocailleux du pourtour mĂ©diterranĂ©en Europe du Sud, Afrique du Nord et Proche-Orient jusqu’au Liban. En France, il pousse dans le massif de l’EstĂ©rel, le golfe de Saint-RaphaĂ«l et surtout en Corse. Il s’associe au chĂȘne kermĂšs Quercus coccifera et au pistachier lentisque Pistacia lentisca qui peuplent les zones les plus fraĂźches de MĂ©diterranĂ©e en marge des zones dĂ©gradĂ©es. Myrtus communis forme une masse buissonnante hĂ©misphĂ©rique, partant assez prĂšs du sol et de taille assez variable pouvant aller jusqu’à 5 m de hauteur. L’arbuste peut atteindre l’ñge vĂ©nĂ©rable de 300 ans ! Les rameaux Ă©rigĂ©s sont lĂ©gĂšrement pubescents et de couleur claire tandis que l’écorce ĂągĂ©e rĂ©vĂšle une teinte rougeĂątre. Myrtus communis – illustration botanique Les feuilles opposĂ©es, elliptiques et terminĂ©es par une pointe aigĂŒe ont des dimensions de 15 Ă  40 mm de long sur 5 Ă  15 mm de large . Le limbe coriace et glabre, vert sombre vernissĂ© montre une nervure centrale trĂšs marquĂ©e. PortĂ© par un trĂšs court pĂ©tiole, il est parcouru de glandes translucides visibles Ă  contre-jour tandis que la face infĂ©rieure est lĂ©gĂšrement plus claire. Les feuilles sont persistantes et trĂšs aromatiques. Elles libĂšrent leurs huiles essentielles lorsqu’il fait trĂšs chaud pour abaisser leur tempĂ©rature. Le parfum est qualifiĂ© d’aromatique, rĂ©sineux, cireux et lĂ©gĂšrement fruitĂ© par les parfumeurs. Il existe des feuillages panachĂ©s de jaune chez les myrtes chiliens Ă  l’instar de Luma apiculata Glanleam Gold’. L’arbuste fleurit en plein Ă©tĂ©, avec gĂ©nĂ©rositĂ©, de juillet Ă  septembre, ce qui est surprenant pour une plante de climat sec. Les petites fleurs blanc immaculĂ© Ă  5 pĂ©tales, larges de 2,5 Ă  3 cm, apparaissent solitaires, portĂ©es par un long pĂ©doncule de 12-25 mm, Ă  l’aisselle des feuilles, sur les pousses de l’annĂ©e. Elles s’ouvrent sur un large bouquet d’étamines saillantes et blanches dĂ©bordant de la corolle. Hermaphrodites, elle comporte un pistil central. Elles sont suivies en automne par la formation des baies ovoĂŻdes et charnues, pruineuses, noir-bleutĂ©, parfois blanches, de 1 Ă  1,5 cm de diamĂštre. Le fruit renferme de nombreuses graines de 2 mm, de couleur crĂšme. Il est trĂšs apprĂ©ciĂ© des oiseaux qui s’en rĂ©galent pendant l’hiver. Le genre Luma arbore une nuĂ©e de fleurs crĂšme Ă  4 pĂ©tales qui enveloppent littĂ©ralement l’arbre de l’étĂ© jusqu’au milieu de l’automne. Les baies sont pourpre sombre. Ugni molinae syn. Myrtus ugni surnommĂ© le goyavier du Chili pousse aussi en Bolivie. Il prĂ©sente de petites fleurs en clochettes blanches ou rosĂ©es et des fruits rouge violacĂ© aigrelets trĂšs apprĂ©ciĂ©s en confiture pour leur parfum de fraise. Les baies de Myrtus communis sont utilisĂ©es pour la fabrication de gelĂ©es, de confitures ou de liqueurs comme le mirto » en Sardaigne ou encore comme condiment. L’arbuste de rusticitĂ© moyenne -10°C est apprĂ©ciĂ© sur le plan ornemental dans les jardins mĂ©diterranĂ©ens au sol pauvre et plutĂŽt acide sols mĂ©tamorphiques et volcaniques mais il existe des formes tolĂ©rantes au calcaire comme la sous-espĂšce tarentina surnommĂ©e le Myrte de Tarente. Cette derniĂšre est un peu moins vigoureuse que l’espĂšce type 2 m de haut sur 1,50 de large et possĂšde un feuillage plus menu 1 cm de long sur 0,5 de large, brillant sur les deux faces, plus dense qui Ă©voque le buis. Sa rĂ©sistance Ă  la sĂ©cheresse, sa croissance lente et sa tolĂ©rance Ă  la taille rĂ©pĂ©tĂ©e en fait un candidat parfait pour former des haies, orner un terrasse ou pour fleurir les sous-bois d’une pinĂšde. Le bois de myrte, dur et dense, Ă  grains fins est un bois noble, apprĂ©ciĂ© pour le travail de sculpture, de marqueterie et de tournerie. Il s’utilise notamment pour la crĂ©ation de piĂšces d’échec. Les feuilles et l’écorce servaient au tannage du cuir. On tire du feuillage une huile essentielle trĂšs utilisĂ©e en parfumerie et en aromathĂ©rapie dont on distingue deux chĂ©motypes le chĂ©motype acĂ©tate de myrtĂ©nyle en provenance du Maroc, le chĂ©motype cinĂ©ole en provenance de France. Elle s’utilise comme dĂ©congestionnant veineux et lymphatique hĂ©morroĂŻdes et varices et comme antispasmodique. Ses propriĂ©tĂ©s mĂ©dicinales sont aussi antiseptiques, astringentes, sĂ©datives, fĂ©brifuges. Le Myrte apparaĂźt souvent comme un arbuste sacrĂ©, il est mentionnĂ© dans le Coran comme arbuste du paradis et dans la Bible comme symbole de gĂ©nĂ©rositĂ© divine. Il symbolise la bravoure chez les Romains, la paix pour les Juifs et Musulmans, l’amour dans la mythologie grecque et la poĂ©sie arabe. Myrtus communis Tarantina’ feuillage, fleurs et baies. Les principales variĂ©tĂ©s de Myrtus Les myrtes communs Myrtus communis Tarentina - Myrte commun Pot de 2L/3L PĂ©riode de floraison Juil. Ă  Sept. Hauteur Ă  maturitĂ© m Ce myrte est l'un des plus faciles Ă  acclimater. Cet arbuste persistant d'origine mĂ©diterranĂ©enne, naturellement dotĂ© d'un port compact et dense, est vĂȘtu d'un petit feuillage trĂšs sombre et aromatique, densĂ©ment serrĂ© le long de ses rameaux. Il fleurit en plein coeur de l'Ă©tĂ©, sous forme d'une multitude de petites fleurs blanches et lĂ©gĂšres, Ă  Ă©tamines saillantes. Rustique jusqu'Ă  -12°C et peu exigeante, cette variĂ©tĂ© est incontournable dans un jardin sec. Myrtus communis Pumila - Myrte commun* Pot de 2L/3L PĂ©riode de floraison Juil. Ă  Sept. Hauteur Ă  maturitĂ© m Ce myrte est un bel arbuste persistant atteignant lentement 3m de hauteur, dotĂ© d'un port dense et vĂȘtu d'un petit feuillage vert foncĂ© brillant et aromatique. Il fleurit en plein coeur de l'Ă©tĂ©, sous forme d'une multitude de petites fleurs de couleur crĂšme teintĂ©es de rose, suivies de baies de couleur blanc-vert. Rustique jusqu'Ă  -10°C , cette variĂ©tĂ© demande un sol non calcaire bien drainĂ©, mĂȘme sec en Ă©tĂ©. Myrtes sud-amĂ©ricaines Myrtus luma - Myrte du Chili Pot de 3L/4L PĂ©riode de floraison Juil. Ă  Oct. Hauteur Ă  maturitĂ© m Ce myrte chilien est un grand arbuste persistant un peu frileux, trĂšs buissonnant, dotĂ© d'une trĂšs belle Ă©corce couleur cannelle Ă  orangĂ© qui s'exfolie en dĂ©voilant un bois luisant. Son petit feuillage sombre et aromatique s'enveloppe, du coeur de l'Ă©tĂ© jusqu'en automne, d'un nuage parfumĂ© de petites fleurs blanc-crĂšme. Il s'Ă©panouit dans un sol frais mais drainĂ©, au soleil ou Ă  mi-ombre. Myrtus ugni Flambeau - Myrte ugni PĂ©riode de floraison Juin Ă  Juil. Hauteur Ă  maturitĂ© m Ce myrte chilien est un petit arbuste persistant un peu frileux, dotĂ© d'une dĂ©licieuse fructification dont la saveur et le parfum Ă©voquent la fraise des bois. Son petit feuillage panachĂ© de jaune et de crĂšme et trĂšs aromatique s'enveloppe, Ă  la fin du printemps, d'un doux parfum Ă©manant de petites fleurs en forme de cloches blanc-rosĂ©. Il s'Ă©panouit en climat ocĂ©anique doux, dans un sol frais mais drainĂ©, au soleil ou Ă  mi-ombre. Plantation Le myrte commun du fait de ses feuilles coriaces rĂ©siste bien Ă  la sĂ©cheresse. Il pousse dans des sols schisteux, filtrant en hiver mais frais en Ă©tĂ©, acides et apprĂ©cie les conditions fraĂźches depuis le niveau de la mer jusqu’en moyenne altitude. Il tolĂšre de trĂšs courtes gelĂ©es de -10°C mais sa sous-espĂšce tarentina rĂ©siste jusqu’à -12°C voire plus. Les myrtes chiliens et nĂ©o-zĂ©landais sont plus exigeants au niveau de l’humiditĂ© ambiante. Ils se plaisent particuliĂšrement le long de la cĂŽtĂ© atlantique ou dans un coin abritĂ©, uniquement ensoleillĂ© le matin. Leur rusticitĂ© descend jusqu’à -8 Ă  -10°C pour Luma apiculata, Luma chequen et Ugni molinae et jusqu’à -6°C pour Lophomyrtus Magic Dragon’. Les Lophomyrtus supportent assez bien la sĂ©cheresse et il en existe de jolies formes panachĂ©es pourpre et crĂšme, idĂ©ales pour un sujet en pot que l’on rentre l’hiver. Dans tous les cas, placez le myrte Ă  l’abri des vents froids. Plantez le myrte dans un sol lĂ©ger, bien drainĂ© mais assez frais en Ă©tĂ©. L’espĂšce type Myrtus communis tolĂšre peu le calcaire alors que la sous-espĂšce tarentina, ou les cultivars Alhambra’, Baetica’ variĂ©tĂ© naine de 60 cm, Guilli’ boule de 30-40 cm tolĂšrent parfaitement un pH supĂ©rieur Ă  7. Le myrte possĂšde des propriĂ©tĂ©s allĂ©lopathiques qui empĂȘchent les graines de germer autour tout comme l’Eucalyptus, une autre MyrtacĂ©e. Ce caractĂšre est intĂ©ressant pour Ă©viter la corvĂ©e du dĂ©sherbage ! Quand planter ? Plantez les Myrtes de prĂ©fĂ©rence au printemps pour Ă©viter de les confronter Ă  des gels importants avant qu’ils ne s’installent. En climat doux, plantez-le en septembre-octobre afin que les pluies automnales facilitent son enracinement. Comment planter ? Pour planter un myrte Plongez la motte dans un seau d’eau pour bien l’humecter. Creusez un trou de plantation, de 50 cm en tous sens ou une tranchĂ©e dans le cas d’une haie. Ajoutez une couche drainante de 10 cm gravier, sable
 si votre sol est argileux. Installez la plante dans le trou de plantation. Rebouchez le trou avec de la terre enrichie de compost et tassez lĂ©gĂšrement. Arrosez copieusement. Étalez une couche de paillage au pied afin de maintenir une bonne fraĂźcheur autour des racines. Veillez au maintien d’un sol frais au cours des 2-3 premiĂšres annĂ©es qui suivent la plantation. En bac, veillez Ă  placer une couche drainante au fond puis remplissez avec un mĂ©lange de terreau de feuilles, de tourbe ou terre de bruyĂšre et de terreau. Jolies fleurs aux Ă©tamines incroyables du Myrtus communis Pumila’. Entretien et taille Arrosez rĂ©guliĂšrement les deux ou trois premiĂšres annĂ©es, en particulier lors des pĂ©riodes chaudes et sĂšches. Cet arbuste ne demande pas d’autre entretien, si ce n’est la taille si elle est nĂ©cessaire, qui sera lĂ©gĂšre et pourra se faire en avril et en octobre afin de ne pas compromettre la floraison. Les jeunes sujets Ă©tant plus sensibles au froid, pensez Ă  les protĂ©ger avec un double voile d’hivernage Ă  l’approche de l’hiver. Si un hiver rigoureux grille la vĂ©gĂ©tation, un myrte bien installĂ© repart facilement de souche. En bac, rĂ©alisez un apport d’engrais complet au dĂ©marrage de la vĂ©gĂ©tation, en mars-avril et /ou surfacez avec du compost Ă  l’automne. Rentrez le pot dans une piĂšce hors gel, lumineuse et peu chauffĂ©e si les gels son Ă  craindre. RĂ©alisez le rempotage au printemps. Le myrte commun est peu sensible aux maladies et ravageurs. Multiplication Le Myrte est un arbuste difficile de multiplication. Il ne se bouture pas trĂšs facilement car le bois est dur, vous pouvez toutefois tenter le bouturage sur la pĂ©riode de mai Ă  juillet avec des tiges tendres. Le semis est possible au printemps sous un chĂąssis froid. Il requiert au moins 2 ans de culture avant la mise en place du plant. Bouturage PrĂ©parez un pot profond en le remplissant de tourbe mĂ©langĂ©e Ă  du sable. PrĂ©levez des boutures Ă  talon en tirant sur la pousse afin d’arracher un bout d’écorce du rameau porteur. Supprimez les feuilles situĂ©es prĂšs de la base de la bouture. Piquez les boutures sur les 2/3 de leur hauteur en Ă©vitant qu’elles ne se touchent. Tassez dĂ©licatement tout autour afin d’éliminer les poches d’air et d’assurer un bon contact entre le terreau et la bouture. Placez-les Ă  l’étouffĂ©e Ă  l’ombre Ă  18°C dans une mini-serre ou en posant une bouteille en plastique transparent recoupĂ©e, par-dessus. Prenez soin d’aĂ©rer tous les jours pour Ă©viter la condensation. Au bout de 2-3 mois, ouvrez la serre ou ĂŽtez la bouteille et placez la culture sous chĂąssis jusqu’au printemps. SĂ©parez les boutures racinĂ©es au printemps pour les planter en pots individuels et pincez les tiges. Utilisations et association Les myrtes communs sont des plantes robustes parfaitement adaptĂ©es aux jardins secs de style mĂ©diterranĂ©en mĂȘme soumis aux embruns. Formez un damier colorĂ© avec d’autres arbustes comme le grenadier Ă  fleurs ou Ă  fruits, le mimosa des quatre saisons, le Leptospermum, le romarin, la lavande, l’euphorbe characias, les sauges arbustives, les armoises arborescentes ou sur une terrasse bien exposĂ©e. Choisissez des variĂ©tĂ©s peu vigoureuses comme Myrtus communis Pumila’ ou Guilli’ voire ssp. tarentina pour une plantation en pot que vous accompagnez d’agapanthes pour une scĂšne estivale colorĂ©e. Tapissez le sol d’une Ă©paisse couche de graviers ou pouzzolane afin de garder la fraĂźcheur et mettre en relief leurs silhouettes. En lisiĂšre de bosquet ou de sous-bois, il rejoindra l’oranger du Mexique, le Ciste Ă  feuilles de laurier grand ciste rustique Ă  -15°C, le Cornus sanguinea, l’amelanchier ou encore le fusain d’Europe Red Cascade’. Le Myrtus est aussi un bon arbuste de haie persistante en climat doux. Dans une haie persistante, il s’associera bien avec d’autres mĂ©diterranĂ©ennes tolĂ©rantes au sol sec et calcaire et Ă  la taille comme le Pistacia lentiscus, le Rhamnus alaternus variegatus, le Phyllirea, le laurier tin
 Le Myrtus de Tarente serait sans doute davantage utilisĂ© dans les petites haies taillĂ©es ou libres, et dans l’art topiaire. Le saviez-vous ? Chez le myrte commun tout en bon les feuilles fraĂźches ou sĂ©chĂ©es, les boutons floraux, les fleurs, les fruits frais ou sĂ©chĂ©s, les racines et l’écorce. Les fruits sĂ©chĂ©s du myrte commun s’utilisent comme le geniĂšvre pour parfumer les pĂątĂ©s, les sauces mais aussi un bon vin destinĂ© Ă  l’apĂ©ritif. La liqueur de myrte baies macĂ©rĂ©es dans de l’eau de vie pendant 1 mois Ă  laquelle on rajoute un sirop se boit trĂšs fraĂźche aprĂšs un repas pour ses vertus digestives ! L’huile essentielle antibiotique et antiseptique est incorporĂ©e aux dentifrices , lotions aprĂšs-rasage, savons
 L’infusion de feuilles de myrte a des propriĂ©tĂ©s astringentes et digestives, utilisĂ©es notamment pour combattre la diarrhĂ©e chez les enfants. Pour aller plus loin DĂ©couvrez notre large gamme de Myrtes. Lessolutions pour la dĂ©finition ÉTAT DE LA MÉDITERRANÉE pour des mots croisĂ©s ou mots flĂ©chĂ©s, ainsi que des synonymes existants. Accueil ‱ Ajouter une dĂ©finition ‱ Dictionnaire ‱ CODYCROSS ‱ Contact ‱ Anagramme
Les variĂ©tĂ©s de cannabis Ă  autofloraison sont formidables. Elles poussent vite et facilement et elles tiennent pratiquement partout grĂące Ă  leur taille compacte. MĂȘme si les variĂ©tĂ©s Ă  autofloraison sont parfaites pour la culture en intĂ©rieur, vous pouvez en tirer le meilleur entre les bras de MĂšre Nature en plein air. Il y a juste quelques annĂ©es, la plupart des cultivateurs ne prenaient pas au sĂ©rieux les autofloraisons. Ils les considĂ©raient comme quelque chose convenant plus aux dĂ©butants, car les premiĂšres variĂ©tĂ©s Ă  autofloraison ne pouvaient pas vraiment rivaliser avec les rendements, l'arĂŽme et la puissance des variĂ©tĂ©s Ă  photopĂ©riode. Mais tout ceci a changĂ© ces derniĂšres annĂ©es. Les variĂ©tĂ©s Ă  autofloraison modernes possĂšdent de bons rendements et leurs tĂȘtes sont de qualitĂ© Ă  rivaliser avec les variĂ©tĂ©s Ă  photopĂ©riode. VoilĂ  pourquoi c'est tout naturellement que les cultivateurs qui font pousser ces variĂ©tĂ©s en extĂ©rieur tirent le meilleur de leurs caractĂ©ristiques clĂ©s. Voici quelques avantages des autos cultivĂ©es en extĂ©rieur La lumiĂšre du soleil donne de meilleurs rendements et des tĂȘtes plus grosses Il est possible d'obtenir plusieurs rĂ©coltes en une seule saison de culture On peut les cultiver en extĂ©rieur Ă  tout moment de l'annĂ©e selon le climat Elles sont moins sensibles aux nuisibles grĂące Ă  leur croissance plus rapide Elles tiennent dans de petits espaces dans votre balcon, terrasse ou jardin Elles sont idĂ©ales pour les cultures d'extĂ©rieur discrĂštes/cultures en guĂ©rilla grĂące Ă  leur petite taille AVANT DE COMMENCER—PLANIFIER VOTRE CULTURE AUTO EN EXTÉRIEUR Un des avantages des autos est leur croissance rapide. Certaines variĂ©tĂ©s Ă  autofloraison peuvent donner leur rĂ©colte en un dĂ©lai incroyablement court de 50–55 jours Ă  partir du moment oĂč vous plantez les graines. MĂȘme si leur croissance trĂšs rapide et normalement un avantage, cela implique aussi que les autos sont moins indulgentes pour certaines erreurs, car vous n'avez tout simplement pas le temps de les corriger, comme vous pourriez le faire avec les variĂ©tĂ©s Ă  photopĂ©riode. De mĂȘme, si un problĂšme majeur survient au cours de leur brĂšve durĂ©e de vie, comme une maladie, ou un problĂšme d'arrosage ou autre, cela va aussi fortement diminuer votre rendement. Pour l'Ă©viter, vous devez soigneusement planifier votre culture Ă  autofloraison en extĂ©rieur pour que vos dames puissent atteindre leur plein potentiel pendant le peu de temps qu'elles ont. Avant toute autre chose, pensez Ă  la viabilitĂ© de votre emplacement. Comment est le climat ? Est-ce que vous allez semer les graines directement en terre, ou dans des rĂ©cipients ? Quels types de nutriments allez-vous utiliser ? Vos plants vont-ils recevoir assez de lumiĂšre du soleil ? Allez-vous ĂȘtre capable de vous occuper de vos plants, ou plantez-vous dans un lieu isolĂ© que vous ne pouvez pas visiter souvent ? Par exemple, si vous vivez dans un climat plus froid et pluvieux, vous pourriez vouloir choisir une variĂ©tĂ© Ă  autofloraison qui n'a rien contre des tempĂ©ratures plus fraĂźches et qui rĂ©siste aussi aux moisissures. MĂȘme des considĂ©rations aussi simples peuvent suffire Ă  vous aider Ă  optimiser vos cultures et Ă  Ă©viter les catastrophes. QUAND PLANTER VOS PLANTS À AUTOFLORAISON EN EXTÉRIEUR Le cannabis Ă  photopĂ©riode s'appuie sur les heures d'ensoleillement naturel pour ses Ă©tapes vĂ©gĂ©tatives et de floraison. Vous plantez normalement les graines Ă  la fin du printemps, puis elles vĂ©gĂštent jusqu'Ă  la fin de l'Ă©tĂ© oĂč les heures de soleil moins nombreuses Ă  chaque journĂ©e les forcent Ă  passer en floraison. À la fin de l'Ă©tĂ©/dĂ©but de l'automne, elles sont prĂȘtes Ă  ĂȘtre rĂ©coltĂ©es. Toute la beautĂ© des variĂ©tĂ©s Ă  autofloraison, c'est qu'elles ne dĂ©pendant pas des cycles lumineux, ce qui signifie que vous pouvez planter et rĂ©colter les variĂ©tĂ©s Ă  autofloraison Ă  n'importe quel moment. Si vous vivez dans un climat oĂč les gelĂ©es sont absentes, comme autour de la MĂ©diterranĂ©e, vous pouvez, en principe, cultiver des plants Ă  autofloraison toute l'annĂ©e. Mais une fois de plus, le cannabis, y compris les plants Ă  autofloraison, pousse mieux quand il peut obtenir au moins 10–12 heures de lumiĂšre du soleil suffisante. VoilĂ  pourquoi il reste prĂ©fĂ©rable de semer les graines au printemps, entre fin avril et dĂ©but mai en Europe, car les journĂ©es sont dĂ©jĂ  plus longues, ce dont bĂ©nĂ©ficiera la croissance de vos plants. Vous pouvez alors les rĂ©colter Ă  la fin juillet et lancer une autre culture dĂ©but aoĂ»t, qui sera prĂȘte en octobre. Si vous vivez dans un climat chaud sans gel, vous pouvez obtenir jusqu'Ă  quatre rĂ©coltes en une seule annĂ©e ! Si vous vivez plus au nord, vous allez devoir Ă©viter les mois les plus froids et les plus pluvieux de l'annĂ©e. Dans ces climats, vous pouvez planter vos graines Ă  autofloraison Ă  la fin du printemps, quand vous ĂȘtes certain que les gelĂ©es ne sont plus un danger. Le moment exact dĂ©pend de la rĂ©gion oĂč vous vivez et peut aller d'avril Ă  dĂ©but juin. Les Ă©tĂ©s plus courts dans un climat froid sont aussi un facteur Ă  prendre en compte. Vous ne devriez pas semer trop tard non plus, car il faut Ă©viter que la floraison de votre herbe se fasse pendant la saison pluvieuse. Si vous vivez dans une rĂ©gion oĂč l'automne est pluvieux, c'est une bonne idĂ©e de planter dĂ©but juin, pour pouvoir rĂ©colter fin aoĂ»t. De cette maniĂšre, vous pouvez Ă©viter le mauvais temps et vos tĂȘtes ne seront pas victimes de la moisissure. En rĂ©sumĂ© le meilleur moment pour planter dĂ©pendra du climat oĂč vous cultivez. Assurez-vous que vos plants reçoivent beaucoup de soleil et Ă©vitez les gelĂ©es et les fortes pluies. De nos jours, vous pouvez trouver de nombreuses bonnes variĂ©tĂ©s de graines de cannabis Ă  autofloraison. Regardez donc du cĂŽtĂ© de Royal AK Automatic, Amnesia Haze Automatic, Northern Light Automatic et les nombreuses autres superbes variĂ©tĂ©s Ă  autofloraison de Royal Queen Seeds. Une fois que vous avez trouvĂ© une variĂ©tĂ© qui vous plaĂźt—une qui poussera bien dans votre climat—vous pouvez vous lancer dans vos cultures en extĂ©rieur. 1. FAIRE GERMER VOS GRAINES À AUTOFLORAISON Vous pouvez faire germer vos graines de cannabis Ă  autofloraison tout comme vous feriez germer des graines Ă  photopĂ©riode. Certains cultivateurs aiment faire germer avec la mĂ©thode de la serviette en papier » ou en plaçant les graines dans un verre d'eau. Mais vous pouvez aussi planter les graines directement dans leur pot final. Sachez que le fait de rempoter le cannabis Ă  autofloraison n'est pas recommandĂ©, car le transfert d'un petit pot Ă  un pot plus grand peut ralentir sa croissance. Comme le temps de croissance des autos est dĂ©jĂ  limitĂ©, vous devez l'Ă©viter, car cela peut donner une rĂ©duction des rendements. Pour de meilleurs rĂ©sultats dans la germination de vos graines Ă  autofloraison, nous recommandons le Starter Kit Autoflowering. Ce kit comporte tout ce dont vous avez besoin pour donner Ă  vos plants de cannabis le meilleur dĂ©part possible dans la vie. 2. PRÉPARER VOTRE RÉCIPIENT POUR PLANTER OU VOTRE COIN DE CULTURE Si vous faites pousser votre plant Ă  autofloraison dans un rĂ©cipient, assurez-vous de choisir un pot suffisamment grand. MĂȘme si les plants Ă  autofloraison peuvent normalement donner de bonnes performances dans des pots plus petits en comparaison avec certains des plants Ă  photopĂ©riode plus grands, vous ne voulez pas restreindre leur croissance. Un pot de 7-15 litres fera l'affaire. Une fois de plus, gardez Ă  l'esprit que le pot que vous aurez choisi sera aussi votre pot final. Si vous n'utilisez pas de pot et que vous voulez plutĂŽt planter directement en terre, sachez que la terre naturelle dans l'emplacement de votre choix pourrait ne pas ĂȘtre optimale. La terre naturelle pourrait ne pas possĂ©der assez de nutriments, elle pourrait ne pas bien drainer et/ou contenir des micro-organismes nocifs qui affecteront nĂ©gativement la croissance de votre plant. Pour ces raisons, les cultivateurs en extĂ©rieur creusent souvent d'abord un trou pour leur plant d'extĂ©rieur, trou qu'ils remplissent d'un substrat adaptĂ© avant de planter leur graine. 3. ARROSAGE ET NUTRIMENTS POUR VOS PLANTS À AUTOFLORAISON EN EXTÉRIEUR Comme les plants Ă  autofloraison poussent normalement Ă  une taille plus petite, ils n'auront pas besoin d'autant d'eau qu'une sativa vigoureuse, mais vous devez toujours vous assurer que votre auto d'extĂ©rieur a de quoi boire suffisamment. La quantitĂ© et la frĂ©quence de l'arrosage dĂ©pendra une fois de plus de votre climat et des besoins de chaque plant. Tout comme avec n'importe quelle autre culture de cannabis, vous devez Ă©viter en particulier le sur-arrosage, mais le sous-arrosage n'est pas non plus idĂ©al. Pour ce qui est des nutriments, lĂ  aussi, vous devez faire attention aux quantitĂ©s administrĂ©es. Vous pouvez toujours commencer par œ ou Ÿ de dose de nutriments pour ĂȘtre sĂ»r de ne pas surcharger vos plants. Vous pouvez aussi envisager les nutriments Ă  libĂ©ration prolongĂ©e. Ils peuvent ĂȘtre idĂ©aux si vous cultivez en extĂ©rieur dans un emplacement auquel vous ne pouvez pas toujours vous rendre. Quand vous amendez votre substrat avec des nutriments Ă  libĂ©ration prolongĂ©e, votre plant obtiendra tout ce dont il aura besoin et vous n'aurez plus Ă  vous inquiĂ©ter de le nourrir. Il vous suffira juste d'arroser. 4. RÉCOLTER VOS CULTURES Certains plants Ă  autofloraison peuvent ĂȘtre prĂȘts en juste 50–60 jours, mais il y en a aussi qui mettent plus longtemps, jusqu'Ă  80 jours. Tout comme pour les variĂ©tĂ©s Ă  photopĂ©riode, vous saurez que le moment de la rĂ©colte approche quand les pistils sur les tĂȘtes, Ă  l'origine blancs, commencent Ă  brunir. Pour vraiment dĂ©terminer si c'est l'heure de rĂ©colter, vous devriez examiner les trichomes de votre plant de cannabis. Les trichomes sont de petites excroissances en forme de champignon sur les tĂȘtes et les petites feuilles rĂ©sineuses de votre plant. Pendant la croissance, les trichomes sont tout d'abord transparents. Plus tard pendant la floraison, les trichomes prennent une couleur blanche laiteuse puis, Ă  l'approche de la rĂ©colte, ils passent du blanc Ă  l'ambrĂ©. On ne peut pas vraiment voir les trichomes Ă  l’Ɠil nu, alors utilisez une loupe pour les regarder de prĂšs. Les cultivateurs rĂ©coltent souvent quand un certain pourcentage des petites tĂȘtes en forme de bulle » des trichomes passent Ă  l'ambrĂ©. À ce moment, les feuilles de votre plant auront normalement commencĂ© Ă  jaunir. Quand vous ĂȘtes prĂȘt Ă  rĂ©colter, coupez vite les branches portant les tĂȘtes de votre plant et ne perdez pas de temps pour ne pas attirer une attention indĂ©sirable. Une fois que vous avez ramenĂ© chez vous votre rĂ©colte en toute sĂ©curitĂ©, vous pouvez tailler les tĂȘtes. Autrement, vous pouvez aussi suspendre les branches portant encore les tĂȘtes pour le sĂ©chage. DES PROBLÈMES COURANTS DANS LA CULTURE D'AUTOS EN EXTÉRIEUR La culture en extĂ©rieur peut s'accompagner de ses propres problĂšmes potentielles. La dĂ©couverte fortuite de votre herbe dans la nature en est un, mais il y a aussi le risque de voir des animaux et des insectes se rĂ©galer de vos cultures. VoilĂ  ce que vous pouvez faire. NUISIBLES Heureusement, les variĂ©tĂ©s de cannabis Ă  autofloraison sont un peu moins sensibles aux infestations de nuisibles et d'insectes. En fait, certaines variĂ©tĂ©s Ă  autofloraison ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©es pour avoir une rĂ©sistance particuliĂšrement forte contre les moisissures et les nuisibles. De mĂȘme, en raison du cycle de vie court des plants Ă  autofloraison, les insectes n'ont souvent pas le temps nĂ©cessaire pour devenir un vrai problĂšme. Autrement, si vous remarquez une infestation d'insectes comme des pucerons ou des mouches blanches, pas besoin d'avoir recours Ă  l'arme chimique du savon insecticide et de l'huile de neem peuvent gĂ©rer la plupart des nuisibles du cannabis de maniĂšre sĂ»re et naturelle. LES ANIMAUX QUI POURRAIENT APPRÉCIER VOS CULTURES Si vous faites pousser en plein air, il y a des chances pour que vos cultures attirent Ă©galement l'attention d'animaux tels que les oiseaux, les chats ou les cerfs. Si vous cultivez dans une rĂ©gion oĂč les animaux dĂ©voreurs de cannabis abondent, vous pouvez protĂ©ger vos plants avec des cages construites en grillage de poulailler ou avec des piquets en bambou. DÉCOUVERTE DE VOS CULTURES PAR D'AUTRES PERSONNES Votre prĂ©cieuse plantation peut aussi ĂȘtre exposĂ©e Ă  des risques si quelqu'un la dĂ©couvre. Quelqu'un pourrait vous voler vos plants, oĂč vous pourriez avoir des soucis pour avoir fait pousser. La petite taille des plants Ă  autofloraison aide dĂ©jĂ  Ă  rĂ©duire le risque d'une dĂ©couverte fortuite. Pour diminuer encore plus les risques, choisissez un emplacement de culture isolĂ© Ă  une bonne distance des chemins et autres lieux publics, oĂč il sera peu probable que quelqu'un s'y promĂšne. Avec des variĂ©tĂ©s Ă  autofloraison Ă  faible odeur, vous pouvez encore plus attĂ©nuer le risque de dĂ©couverte. Quand vous plantez votre herbe aux cĂŽtĂ©s de plantes compagnes comme des herbes, des fleurs ou des lĂ©gumes, vous pouvez non seulement camoufler votre culture et la garder cachĂ©e, mais aussi Ă©viter que les nuisibles ne s'installent tout en amĂ©liorant le sol aux alentours. Avec ces conseils, vous pouvez espĂ©rer une rĂ©colte abondante avec votre cannabis Ă  autofloraison cultivĂ© en extĂ©rieur. Bonne culture !
Lesvisiteurs vont vivre un parcours incroyable composĂ© d’une dizaine d’environnements. interactifs et/ou immersifs, avec film, point de dĂ©couvertes olfactive. Nous proposons Ă©galement une immersion au sein de notre laboratoire avec une. dĂ©gustation en direct commentĂ©e par nos chocolatiers. SUR RESERVATION PAR CRÉNEAUX HORAIRES: 05.62 Accueil Jardin Plantes Plantes et fleurs 19 juillet 2019 Mis Ă  jour le 23 juillet 2021 On met le cap sur le sud ! Lavande, pin parasol, olivier
 DĂ©couvrez les arbres, arbustes et fleurs Ă  planter pour avoir un jardin mĂ©diterranĂ©en. Les jardins mĂ©diterranĂ©ens Ă©voquent les vacances, l’exotisme, le soleil
 MĂȘme si vous n’habitez pas dans le sud de la France, vous pouvez amĂ©nager un jardin de ce style dans votre espace extĂ©rieur. Les jardins mĂ©diterranĂ©ens ne consomment pas beaucoup d’eau et d’engrais. De plus, ils ne demandent pas beaucoup d’entretien. Les plantes qui y poussent sont rĂ©sistantes Ă  la sĂ©cheresse, elles ont souvent des racines profondes et des feuilles coriaces. On les installe de prĂ©fĂ©rence en plein soleil, dans un substrat drainant voir caillouteux et Ă  l’abri des vents froids. DĂ©couvrez 10 plantes idĂ©ales pour un jardin mĂ©diterranĂ©en. 10 plantes idĂ©ales pour un jardin mĂ©diterranĂ©en. Lavande elle rĂ©siste trĂšs bien au froid, apprĂ©cie un sol calcaire, sableux ou caillouteux. Elle fleurit d’avril Ă  septembre. Olivier il apprĂ©cie beaucoup le soleil, son besoin en eau est faible et il prĂ©fĂšre un sol argileux, calcaire ou caillouteux. Agave typique du sud de la France, cette plante aime un sol ordinaire, acide bien drainĂ© et sec. L’exposition plein sud est Ă  privilĂ©gier. Palmier il Ă©voque les climats chauds et les vacances. Plusieurs espĂšces sont rustiques et supportent ainsi les faibles tempĂ©ratures. Figuier cet arbre fruitier est capable de supporter jusqu’à -15° C, il est donc possible de le planter dans toutes les rĂ©gions de France. Arbousier est un arbuste Ă  feuillage persistant qui produit de petites fleurs blanches dĂšs le dĂ©but de l’automne. Il apprĂ©cie une exposition au soleil. CyprĂšs de Provence facile Ă  cultiver, il est l’emblĂšme du bassin mĂ©diterranĂ©en. Il s’expose en plein soleil et apprĂ©cie les sols bien drainĂ©s. Thym c’est une plante mellifĂšre trĂšs prĂ©sente dans les jardins mĂ©diterranĂ©ens. Elle aime les terres bien drainĂ©es, un sol peu lourd et elle ne craint pas le froid. Laurier Rose cet arbuste pousse rapidement et se cultive en haie, isolĂ© ou en bac. Il apprĂ©cie une exposition ensoleillĂ©e, un sol fertile, frais et drainĂ©. Pin Parasol il apprĂ©cie un sol argileux, sableux et sec, il ne demande pas beaucoup d’entretien mais une exposition ensoleillĂ©e. A LIRE EGALEMENT 4 conseils pour crĂ©er un jardin mĂ©diterranĂ©en 3 conseils de pro pour amĂ©nager un jardin mĂ©diterranĂ©en SĂ©cheresse quelles consĂ©quences sur notre environnement ? À propos de l’auteur Ses derniers articles Mon jardin & ma maison
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Abstracts Les historiens du sucre des CaraĂŻbes et des AmĂ©riques n’ont pas cessĂ© de dĂ©fendre la thĂšse d’une structure esclavagiste que le Nouveau Monde a empruntĂ©e Ă  la MĂ©diterranĂ©e. Ils soutiennent que l’emploi des esclaves s’est amorcĂ© dans les plantations et les sucreries mĂ©diterranĂ©ennes avant de gagner l’Atlantique. Pourtant l’examen rigoureux des sources montre que les sucreries mĂ©diterranĂ©ennes font appel Ă  des paysans, Ă  des entrepreneurs agricoles ou Ă  des ouvriers rĂ©munĂ©rĂ©s, pour accomplir les diffĂ©rentes tĂąches de la production. Cette activitĂ© ne peut pas ĂȘtre envisagĂ©e en tant que forme d’économie esclavagiste, et donc ne peut pas servir de modĂšle au Nouveau Monde. Ce sont surtout les progrĂšs techniques accomplis qui sont mis Ă  profit Ă  grande Ă©chelle pour dĂ©velopper l’industrie sucriĂšre dans les CaraĂŻbes et en AmĂ©rique. Historians of Caribbean and American sugar have constantly defended and contended the proposition of an existing slavery structure that was borrowed from the Mediterranean by the New World. They postulate that employing slaves was initiated in the Mediterranean plantations and sugar manufactures prior to conquering the Atlantic. Controversially, the rigorous scrutiny of sources indicates that Mediterranean sugar manufactures attracted farmers or agricultural entrepreneurs, along with employers, toward accomplishing the different tasks of the refineries. Sugar production in Medieval Mediterranean can not be conceptualised as a slavery-based economic system, nor could it be such a model for Atlantic plantations. However, technical progress being intensively invested in Mediterranean sugar manufactures permitted to attain the level of developing sugar industry in the Caribbean and of page Full text 1 Charles Verlinden, L’esclavage dans l’Europe mĂ©diĂ©vale, I PĂ©ninsule IbĂ©rique-France, Bruges, 1955 ... 2 On peut citer trois publications rĂ©centes Roger Botte et Alessandro Stella, dir., Couleur de l’es ... 3 La route du sucre du viiie au xviiie siĂšcle, colloque international organisĂ© par l’Association popu ... 1Les recherches publiĂ©es sur le thĂšme de l’esclavage depuis le siĂšcle dernier sont nombreuses. Mais elles ont Ă©tĂ© menĂ©es essentiellement sous l’angle quantitatif1, et certaines questions n’ont Ă©tĂ© que trĂšs peu abordĂ©es, en particulier celle de la complexitĂ© de ce phĂ©nomĂšne et de son rapport avec le marchĂ© du travail2. D’autres problĂ©matiques suscitent encore le dĂ©bat comme celle du lien entre production du sucre et esclavage, ou du statut de la main d’Ɠuvre employĂ©e dans les plantations et les sucreries mĂ©diterranĂ©ennes au Moyen Âge3. 4 Dans les actes du colloque organisĂ© Ă  Schoelcher, Maurice Burac et Christian Montbrun persistent Ă  ... 2De ce point de vue, les travaux menĂ©s jusqu’à la fin du xxe siĂšcle sont majoritairement l’Ɠuvre d’historiens du sucre des CaraĂŻbes et de l’AmĂ©rique. Or ceux-ci vĂ©hiculent la thĂšse de l’exportation du modĂšle mĂ©diterranĂ©en aux Ăźles Atlantiques, dans un premier temps, en AmĂ©rique dans un second temps. Ils considĂšrent que le Nouveau Monde a empruntĂ© Ă  la MĂ©diterranĂ©e mĂ©diĂ©vale une structure esclavagiste et que l’emploi d’esclaves a dĂ©butĂ© dans les plantations mĂ©diterranĂ©ennes avant de gagner l’Atlantique4. C’est le sens des travaux de Charles Verlinden, qui affirme que 5 Charles Verlinden, Les Origines de la civilisation atlantique. De la Renaissance Ă  l’ñge des LumiĂšr ... L’esclavage colonial mĂ©diĂ©val servit de modĂšle Ă  l’esclavage colonial atlantique. La main d’Ɠuvre non libre avait Ă©tĂ© employĂ©e dans les colonies italiennes de la MĂ©diterranĂ©e pour tous les genres de travaux dont elle allait ĂȘtre chargĂ©e dans les colonies atlantiques5. 6 Sidney Mintz, Sucre blanc, misĂšre noire, le goĂ»t et le pouvoir, traduit de l’anglais par R. Ghani, ... 7 Jock H. Galloway, The sugar cane industry, an historical geography from its origin to 1914, Cambrid ... 8 Blaise Essomba, Sucre mĂ©diterranĂ©en, sucre atlantique et le commerce du Nord europĂ©en aux xve et xv ... 9 Ibid., p. 10-14, 37-38, 48, 52-53 et 63. 10 Ibid., p. 12. 11 Patrick Manning, Slavery and african life. Occidental, oriental and african slave trades, Cambridge ... 3De mĂȘme, les recherches de Sidney W. Mintz6 ou de Jock H. Galloway7 considĂšrent l’activitĂ© de production du sucre dans la MĂ©diterranĂ©e mĂ©diĂ©vale comme une forme d’économie esclavagiste. Blaise Essomba suit le mĂȘme raisonnement ; sa thĂšse repose sur un lien Ă©troit entre la canne Ă  sucre et l’esclavage8. Sans apporter de preuves concrĂštes sur le bien fondĂ© de cette relation, cet auteur parle d’un systĂšme de production esclavagiste gĂ©nĂ©ralisĂ© dans toute la MĂ©diterranĂ©e9, et il conclut que l’esclavage apparaĂźt comme un des plus grands faits Ă©conomiques du monde musulman10 ». Plus rĂ©cemment, Patrick Manning, s’appuyant lui aussi sur les travaux de Charles Verlinden, insiste Ă  plusieurs reprises et dans les mĂȘmes termes sur cette association entre esclavage et sucre, en faisant remonter son origine et sa constitution Ă  la MĂ©diterranĂ©e mĂ©diĂ©vale11. 12 Mohamed Ouerfelli, Le sucre production, commercialisation et usages dans la MĂ©diterranĂ©e mĂ©diĂ©val ... 4Partant de ce constat, je souhaite reprendre cette question de la main d’Ɠuvre employĂ©e dans les plantations et les sucreries mĂ©diterranĂ©ennes et l’examiner de nouveau Ă  l’aune des sources disponibles, en m’appuyant sur des exemples prĂ©cis, aussi bien de la MĂ©diterranĂ©e orientale que du bassin occidental12. Ils sont tirĂ©s de sources diverses telles que les chroniques, les descriptions gĂ©ographiques, les rĂ©cits de voyages, mais aussi des traitĂ©s fiscaux, de hisba et des manuels de chancellerie. Ces sources ne sont pas forcĂ©ment riches, mais elles apportent des Ă©clairages ponctuels sur le phĂ©nomĂšne de l’esclavage, dans le monde musulman notamment. On les complĂšte par des documents Ă©manant des pouvoirs publics, en particulier des archives vĂ©nitiennes, et des actes notariĂ©s, abondants en ce qui concerne les domaines de la Couronne d’Aragon. 5Mon point de dĂ©part est celui des projets envisagĂ©s par les milieux du pouvoir abbasside et la bourgeoisie bagdadienne pour mettre en valeur les basses vallĂ©es du Tigre et de l’Euphrate pendant la seconde moitiĂ© du ixe siĂšcle. Il sera ensuite question de l’Égypte, du royaume de Chypre et accessoirement de la CrĂšte, qui avaient un besoin important de main d’Ɠuvre pour dĂ©velopper une production destinĂ©e non seulement Ă  la consommation intĂ©rieure, mais aussi Ă  l’exportation. Mon enquĂȘte, qui suit la diffusion de l’industrie du sucre, s’achĂšve en MĂ©diterranĂ©e occidentale avec les exemples de la Sicile, du royaume de Valence et enfin du Maroc, oĂč l’industrie du sucre a basculĂ© d’est en ouest pour se rapprocher des centres de consommation. Les projets de la bourgeoisie bagdadienne et la rĂ©volte des ZenĞ 13 Salah Trabelsi, L’esclavage domanial dans le paysage agraire musulman au Moyen Âge », Esclavage ... 6Un examen rigoureux des sources sur la question de l’emploi des esclaves dans les plantations et les sucreries mĂ©diterranĂ©ennes permet de nuancer, voire d’infirmer un certain nombre d’idĂ©es et de rĂ©flexions qui paraissent totalement infondĂ©es et ne reposent sur aucune certitude. L’idĂ©e de l’emploi massif d’une main d’Ɠuvre servile dans les plantations mĂ©diterranĂ©ennes est fondĂ©e en particulier sur des projets de grande envergure envisagĂ©s par le pouvoir abbasside et la bourgeoisie bagdadienne, enrichie par une activitĂ© commerciale prospĂšre, afin de crĂ©er de grandes exploitations destinĂ©es Ă  la production de nouvelles cultures importĂ©es d’ExtrĂȘme-Orient. Pour rĂ©aliser ces gigantesques projets, la main d’Ɠuvre disponible en Iraq, voire dans les environs, ne peut en aucun cas suffire, d’oĂč l’idĂ©e d’importer des esclaves noirs en provenance des cĂŽtes de l’Afrique orientale. Mais la rĂ©volte de ces esclaves a Ă©branlĂ© le califat de Bagdad et a prĂ©cipitĂ© l’échec et l’abandon total de la mise en culture des marĂ©cages du delta du Tigre et de l’Euphrate13. 14 Faysal al-SĂąmir, Thawrat al-Zenğ la rĂ©volte des Zenğ, en arabe, Bagdad, Maktabat al-ManĂąr, 1971, ... 15 Alexandre Popovic, La RĂ©volte des esclaves en Iraq au iiie/ixe siĂšcle, Paris, Paul Geuthner, 1976, ... 16 François Renault, La Traite des noirs au Proche-Orient mĂ©diĂ©val, viie-xive siĂšcles, Paris, Paul Geu ... 17 Faysal al-Sāmir, Thawrat al-Zenğ, op. cit., p. 34-35. 18 Ibid., p. 30. 7En effet, l’expansion Ă©conomique du califat abbasside, dĂšs le dĂ©but du ixe siĂšcle, draine vers les grandes villes, Bagdad en particulier, des populations de toutes conditions, ce qui augmente de plus en plus la consommation de denrĂ©es de premiĂšre nĂ©cessitĂ©, ainsi que des produits de luxe rĂ©clamĂ©s par les cours princiĂšres. Ces facteurs ont encouragĂ© le dĂ©veloppement des activitĂ©s commerciales, auquel participe une puissante bourgeoisie marchande. Celle-ci a accumulĂ© des richesses importantes qu’elle a investies dans l’acquisition de grands domaines14. L’intĂ©rĂȘt de cette bourgeoisie se tourne alors vers les vastes marĂ©cages recouvrant la rĂ©gion des cours infĂ©rieurs du Tigre et de l’Euphrate,entre Bassora et la province du KhĂ»zistĂąn le sud-ouest actuel de l’Iran15. En plus de son potentiel agricole et de la fertilitĂ© de ses terres, cette rĂ©gion est situĂ©e sur l’axe d’un commerce particuliĂšrement actif dans le golfe Persique. Pour mettre en valeur ces terres et les rendre cultivables, il est nĂ©cessaire de construire des digues pour les assĂ©cher, de dĂ©ployer tout un systĂšme d’irrigation de grande ampleur, mais surtout, et c’est la tĂąche la plus difficile, d’enlever les couches de natron. Ces nouveaux projets d’une ampleur sans prĂ©cĂ©dent exigent des investissements Ă©levĂ©s et une main d’Ɠuvre abondante, d’oĂč l’emploi d’une masse considĂ©rable d’esclaves importĂ©s des cĂŽtes orientales de l’Afrique. Par ces travaux ambitieux, les milieux du pouvoir, les grands propriĂ©taires terriens et la bourgeoisie marchande cherchent Ă  dĂ©velopper de nouvelles cultures pour lesquelles le climat convient parfaitement riz, sorgho, canne Ă  sucre, coton, bananes, agrumes16, etc. Il n’est pas Ă©tonnant de trouver parmi les grandes familles impliquĂ©es dans ces entreprises agricoles, celle des BarmĂ©kides, en particulier le puissant vizir du calife HĂąrĂ»n al-RashĂźd 786-809, Yahya Ibn KhĂąlid al-BarmakĂź17. De grands propriĂ©taires terriens apparaissent Ă©galement au moment de la rĂ©volte, comme al-ZiyĂądiyĂźn et al-HĂąshimiyĂźn, qui assurent la gestion de leurs domaines par l’intermĂ©diaire d’intendants18. 19 Al-TabarĂź, TĂąrĂźkh al-rusul wa-l-mulĂ»k, Beyrouth, KhayĂąt, s. d., t. III, 12, p. 1742 et 1750. Ibn al ... 20 Faysal al-SĂąmir, Thawrat al-Zenğ, op. cit., p. 51 ; Salah Trabelsi, L’esclavage domanial », op. ... 21 Ahmad Ulabi, Thawrat al-Zenğ wa qñ’iduhĂą Muhammad Ibn AlĂź, Beyrouth, DĂąr al-FĂąrĂąbĂź, 1961, p. 102. 22 Ibid., p. 102-106. 8L’appel Ă  la main d’Ɠuvre servile pour travailler dans la grande exploitation rurale prend une ampleur jamais Ă©galĂ©e et le nombre d’esclaves employĂ©s dans les chantiers comme terrassiers ou cultivateurs se monte de 500 Ă  5000 esclaves et atteint parfois le chiffre de 1500019. Les conditions terribles dans lesquelles ces esclaves travaillent, en raison du climat humide, des Ă©pidĂ©mies chroniques et de la mortalitĂ© Ă©levĂ©e, aboutissent Ă  une longue rĂ©volte, qui Ă©clate en 869 et n’est Ă©crasĂ©e par l’armĂ©e abbasside qu’en 88320. La rĂ©volte, commandĂ©e par AlĂź Ibn Muhammad, qui a rĂ©ussi Ă  rassembler autour de lui tous les mĂ©contents, a Ă©branlĂ© le califat abbasside, en mettant Ă  plusieurs reprises en Ă©chec ses armĂ©es. Le projet de mise en culture des terres de la Basse MĂ©sopotamie est dĂ©finitivement compromis et abandonnĂ©21. Les consĂ©quences Ă©conomiques sur cette rĂ©gion sont dĂ©sastreuses les voies de communication et le trafic commercial sont coupĂ©s durant et aprĂšs la rĂ©volte, tout le sud de l’Iraq est ravagĂ©, notamment les terres agricoles de Bassora et du KhĂ»zistĂąn, par les incursions des rebelles et les opĂ©rations militaires22. 9De cet Ă©pisode calamiteux, des enseignements sont tirĂ©s l’importation d’esclaves des cĂŽtes africaines, par ailleurs coĂ»teuse, pour les employer dans les domaines agricoles a abouti Ă  un Ă©chec total, d’oĂč l’abandon de cette pratique. L’arrĂȘt des conquĂȘtes, qui mettaient un grand nombre d’esclaves sur les marchĂ©s, et la militarisation du pouvoir rĂ©oriente le marchĂ© des esclaves vers leur recrutement en masse pour constituer les armĂ©es dans l’Orient musulman. Pendant les siĂšcles suivants, les sources ne parlent que de paysans cultivant la terre sous forme de mĂ©tayage, mĂȘme si leur situation est bien plus proche des serfs, sinon des esclaves. NĂ©anmoins, cet Ă©pisode dĂ©sastreux du sud de la MĂ©sopotamie n’a pas compromis l’expansion de la culture de la canne Ă  sucre vers l’ouest de la MĂ©diterranĂ©e, notamment en Syrie et en Égypte, oĂč cette activitĂ© de production est devenue dĂ©sormais une rĂ©alitĂ© dans le paysage agraire. L’égypte des paysans pour la plantation et des salariĂ©s dans la sucrerie 23 NoĂ«l Deerr, The history of sugar, Londres, Chapman and Hall, 1950, II, p. 259. 24 Ibn Hawqal, La configuration de la terre KitĂąb sĂ»rat al-ard, trad. J. H. Kramers et G. Wiet, Pari ... 25 Les esclaves noirs servaient dans l’armĂ©e fatimide depuis le rĂšgne du calife al-MahdĂź 910-934 ; i ... 26 François Renault, La traite des noirs au Proche-Orient mĂ©diĂ©val, op. cit., p. 44. 10Afin de poursuivre notre enquĂȘte, il convient d’emprunter le parcours de la canne Ă  sucre d’est en ouest, pour pouvoir analyser de prĂšs la question de l’emploi de la main d’Ɠuvre dans cette nouvelle activitĂ©, qui a connu son apogĂ©e Ă  partir du xie siĂšcle, notamment en Égypte. Ce pays est en effet considĂ©rĂ© comme Ă©tant relativement bien peuplĂ©, en particulier le long du Nil. Le travail de la terre constitue la principale activitĂ© Ă©conomique et la source la plus importante de recettes fiscales. Ce sont bien des paysans qui accomplissent tous les travaux agricoles et non pas des esclaves, comme a pu le croire NoĂ«l Deerr, qui n’exclut pas l’emploi de la main d’Ɠuvre servile aussi bien dans les plantations que dans les raffineries23. Dans cette mĂȘme perspective, François Renault s’appuie sur un texte du xe siĂšcle, concernant la ville de ShĂąbĂ»r, situĂ©e dans le delta du Nil, et souligne la prĂ©sence de l’esclavage agricole on y trouve de nombreux esclaves noirs ainsi que des combattants, et la ville est trĂšs riche en cĂ©rĂ©ales24 ». Il se demande si Ibn Hawqal mort aprĂšs 977 fait un lien direct entre les esclaves et la richesse agricole de cette ville ; sinon, il ne voit pas Ă  quelle autre tĂąche ils auraient pu ĂȘtre affectĂ©s. Cependant, le texte est trop flou pour pouvoir dĂ©terminer l’occupation de ces esclaves, qui auraient pu aussi ĂȘtre des soldats dans l’armĂ©e fatimide25. Rien ne permet d’affirmer qu’ils sont employĂ©s dans les travaux agricoles. François Renault nuance d’ailleurs ses interprĂ©tations en concluant que l’impression d’ensemble reste cependant d’un effectif assez rĂ©duit d’une telle main d’Ɠuvre en Égypte26 ». 27 Jean Sauvaget, Sur un papyrus arabe de la BibliothĂšque Ă©gyptienne », Annales de l’Institut d’ét ... 28 Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., p. 69-70. 29 Al-MakhzĂ»mĂź, KitĂąb al-minhñğ fĂź ilm kharñğ Misr », Ă©d. Claude Cahen et Youssef Raghib, SupplĂ©m ... 30 Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., p. 295. 11Un autre argument, plus rĂ©pandu, de l’emploi d’esclaves dans le travail du sucre en Égypte repose sur un papyrus du xe siĂšcle, rĂ©digĂ© en arabe et publiĂ© par Jean Sauvaget en 194827. Ce document est un memorandum pour installer une sucrerie et une estimation du personnel nĂ©cessaire au fonctionnement de cet Ă©tablissement industriel28. Jean Sauvaget a donnĂ© la traduction des treize rubriques du texte, mais son interprĂ©tation de certains passages n’est pas tout Ă  fait exacte. Dans les rubriques 10 et 13, il a traduit le terme ghilmĂąn sing. ghulĂąm par esclaves. En rĂ©alitĂ©, le terme ghulĂąm ne signifie pas forcĂ©ment esclave ; il s’agit plutĂŽt d’imberbes ou de garçons accomplissant des tĂąches secondaires dans la plantation ou dans la sucrerie, pour aider les membres de leurs familles. Al-MakhzĂ»mĂź mort en 1189, haut fonctionnaire de l’administration fatimide et ayyoubide et fin connaisseur des questions Ă©conomiques, notamment de la fiscalitĂ©, confirme notre interprĂ©tation. Dans sa description des Ă©tapes de la production du sucre, il cite cette catĂ©gorie de jeunes ; il emploie le terme sibyĂąn garçons au lieu de ghilmĂąn, pour dĂ©signer les employĂ©s chargĂ©s d’entreposer les produits raffinĂ©s ou affectĂ©s Ă  d’autres tĂąches29. Cet exemple Ă©gyptien n’est pas isolĂ© on trouve son Ă©quivalent exact en Sicile pendant tout le xve siĂšcle, oĂč des enfants ouvriers sont qualifiĂ©s de famuli ou d’infanti. Ces derniers participent Ă  la production du sucre, en assumant des tĂąches peu qualifiĂ©es, et touchent une rĂ©tribution30. 31 Nassiri Khosrau, Sefer Nameh, Ă©d. et trad. Charles Schefer, Paris, Ernest Leroux, 1881, p. 118-119. 12Le voyageur persan NĂąssirĂź Khosrau m. 1088, qui a visitĂ© l’Égypte au milieu du xie siĂšcle, a vraisemblablement assistĂ© Ă  la crue du Nil et aux dĂ©buts des travaux agricoles effectuĂ©s par les paysans. Il affirme que lorsque les eaux commencent Ă  se retirer, les paysans s’avancent sur le terrain dĂ©couvert, et Ă  mesure qu’il devient sec, ils y sĂšment ce qu’ils veulent31 ». 32 Nicolas Michel, Devoirs fiscaux et droits fonciers la condition des fellahs Ă©gyptiens xiiie-x ... 33 Sur les modes d’exploitation en Syrie et surtout en Égypte, cf. Mounira Chapoutot-Remadi, L’agri ... 34 Claude Cahen, L’Islam des origines au dĂ©but de l’empire ottoman, Paris, Hachette, 1995, p. 177-178 ... 35 Al-NuwayrĂź, NihĂąyat al-’arab fĂź funĂ»n al-’adab, Le Caire, DĂąr al-Kutub, 2007, t. viii, p. 265-268. 36 Al-NuwayrĂź, NihĂąyat al-’arab fĂź funĂ»n al-’adab, Le Caire, DĂąr al-Kutub, 2002, t. xxxii, p. 262 ; Al ... 13Dans un travail remarquablement menĂ© sur les conditions des fellahs Ă©gyptiens, Nicolas Michel, s’appuyant sur la littĂ©rature administrative des xiiie-xve siĂšcles, le rĂšglement ottoman de 1525 et une copie partielle du cadastre de 1527-1528, n’a pas laissĂ© le moindre doute quant Ă  l’identitĂ© de ceux qui travaillent la terre et leurs conditions, qui n’ont pas beaucoup variĂ© depuis l’instauration du systĂšme de l’iqtĂą Ă  l’époque ayyoubide32. Ces entrepreneurs de culture avancent non seulement l’achat de semences, les salaires pour les labours, les semailles et la moisson, ils sont Ă©galement chargĂ©s d’entretenir les digues et les canaux d’irrigation. Partout en Égypte, les sources ne parlent que d’une main d’Ɠuvre paysanne liĂ©e par des contrats de mĂ©tayage33. Dans le cas des plantations de cannes, le concessionnaire ou le propriĂ©taire apporte la terre, les semences, les bĂȘtes et les outils nĂ©cessaires et le mĂ©tayer participe avec son travail et reçoit le cinquiĂšme de la rĂ©colte. Dans bien d’autres cas, il perçoit le quart en apportant une partie du matĂ©riel c’est ce qu’on appelle le mĂ©tayer au quart murĂąbi34. Al-NuwayrĂź m. 1332, originaire de la Haute Égypte, se montre trĂšs prĂ©cis lorsqu’il dĂ©crit les diffĂ©rentes Ă©tapes de la production du sucre ; il ne mentionne que des hommes libres, des paysans travaillant dans les plantations et des ouvriers opĂ©rant dans les moulins Ă  sucre et les raffineries de la Haute Égypte35. On peut bien sĂ»r souligner les contraintes exercĂ©es par les concessionnaires Ă  l’encontre des paysans pour les obliger Ă  travailler davantage ou Ă  faire des corvĂ©es supplĂ©mentaires, voire Ă  payer une taxe pour ĂȘtre exonĂ©rĂ©s de corvĂ©e. De telles pratiques sont rĂ©guliĂšrement attestĂ©es, entre autres Ă  Tripoli ; elles ont Ă©tĂ© abolies, en 1317, par le sultan mamelouk al-NĂąsir Muhammad Ibn QalĂąwĂ»n 1309-1341 3e rĂšgne36. 37 Mohamed Ouerfelli, Organisation spatiale et rĂ©percussions de l’industrie du sucre sur le paysage ... 38 Ibn al-Hñğ, Al-Madkhal ’ilĂą tanmiyat al-’amĂąl bitahsĂźn al-niyĂąt, Le Caire, 1929, t. IV, p. 150-151 ... 14Dans les raffineries de FustĂąt, Ă©parpillĂ©es un peu partout dans l’espace urbain, ce qui pose quelques problĂšmes d’hygiĂšne et d’encombrement, nous ne trouvons aucune trace d’esclaves37. Au xive siĂšcle, Ibn al-Hñğ, juriste maghrĂ©bin installĂ© au Caire et fin connaisseur de la vie quotidienne dans cette mĂ©tropole, dĂ©nonce les conditions de travail dans les raffineries, notamment au niveau de l’hygiĂšne, qui en manque cruellement, mais il ne mentionne que des ouvriers salariĂ©s et point d’esclaves38. D’autres sources Ă©voquent des salaires en argent ou en nature, signe de l’absence d’un phĂ©nomĂšne qui a marquĂ© l’industrie du sucre outre-atlantique. En ce sens, LĂ©on l’Africain nous apporte une preuve supplĂ©mentaire concernant la grande raffinerie de DeirĂ»t 39 LĂ©on l’Africain, Description de l’Afrique, trad. de l’italien par A. Epaulard, Paris, Maisonneuve, ... Ses habitants sont trĂšs riches parce qu’ils ont beaucoup de plantations de cannes Ă  sucre [
]. Il existe Ă  Derotte une trĂšs grande fabrique qui ressemble Ă  un chĂąteau et c’est lĂ  que se trouvent les pressoirs et chaudiĂšres pour extraire et cuire le sucre. Je n’ai jamais vu ailleurs autant d’ouvriers employĂ©s Ă  cette fabrication. J’ai entendu dire par un fonctionnaire de la commune qu’on dĂ©pense par jour environ deux cents dinars achrafĂź pour ces ouvriers39. Le royaume de Chypre et la conjoncture dĂ©primĂ©e du xive siĂšcle 40 Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., p. 126-127. 41 Claude Delaval Cobham, Excerpta Cypria materiels for a history of Cyprus, Cambridge, Cambridge Un ... 42 Dominique ValĂ©rian, Les captifs et la piraterie une rĂ©ponse Ă  une conjoncture dĂ©primĂ©e ? Le ca ... 15À Chypre, la main d’Ɠuvre dans les plantations et les raffineries est composĂ©e essentiellement de paysans serfs parĂšques ou libres les francomates, dont la majoritĂ© sont des Grecs, et de Syriens arrivĂ©s dans le royaume aprĂšs l’appel de Guy de Lusignan en Terre sainte au dĂ©but du xiiie siĂšcle pour attirer des paysans et des artisans40. DĂšs le dĂ©but du xive siĂšcle, l’essor des activitĂ©s de piraterie et de course met sur le marchĂ© un nombre important de captifs, dont les Hospitaliers tirent profit, en les employant gratuitement dans leurs exploitations agricoles. Plus de cent captifs musulmans travaillent dans les champs de vignes des plaines de Paphos41. De mĂȘme que Dominique ValĂ©rian l’a montrĂ© au sujet du Maghreb, la raretĂ© de la main d’Ɠuvre dĂšs le milieu du xive siĂšcle, notamment aprĂšs la pandĂ©mie de la peste Noire et les pertes dĂ©mographiques importantes, a accentuĂ© le recours des entrepreneurs impliquĂ©s dans la production du sucre dans l’üle aux captifs musulmans enlevĂ©s par les pirates et les corsaires42. 43 LĂ©once Macheras, Chronique de Chypre, trad. Emmanuel Miller et C. Sathas, Paris, Ernest Leroux, 188 ... 44 LĂ©once Macheras, Chronique de Chypre, op. cit., p. 109 ; Mohamed Ouerfelli, Les migrations liĂ©es ... 16Cette pratique rĂ©pond Ă©galement aux enlĂšvements frĂ©quents de paysans de l’üle par les pirates turcs, particuliĂšrement actifs dans cette rĂ©gion de la MĂ©diterranĂ©e orientale. En 1364, les Chypriotes hĂ©sitent Ă  attaquer trois galĂ©es appartenant aux pirates, car les vaisseaux ennemis Ă©taient remplis de paysans ; ceux-ci pourraient se noyer43 ». En 1366, le nombre de Syriens et d’Égyptiens capturĂ©s, dont le roi Pierre Ier a ordonnĂ© la libĂ©ration dans le cadre d’un accord de paix avec le sultan mamelouk, est relativement important ; ils sont transportĂ©s par une galĂ©e appartenant au roi d’Aragon, une saĂšte et deux naves44. 45 Mohamed Ouerfelli, Les relations entre le royaume de Chypre et le sultanat mamlĂ»k au xve siĂšcle ... 46 Emmanuel Piloti, TraitĂ© d’Emmanuel Piloti sur le passage en Terre sainte 1420, Ă©d. Pierre-Herman ... 17Les captifs reprĂ©sentent pendant certaines pĂ©riodes de pĂ©nurie un besoin vital pour l’économie chypriote, au point que les nĂ©gociations de paix entre le roi de Chypre et les Mamelouks achoppent sur cette question, ce qui implique la reprise des hostilitĂ©s entre les deux parties45. C’est le cas en 1415 ; le royaume est confrontĂ© Ă  une grave crise Ă©conomique, liĂ©e principalement au manque de main d’Ɠuvre. Janus 1398-1432 ordonne aux Ă©quipages de la galĂ©e royale et d’une galiote de se diriger vers les cĂŽtes Ă©gyptiennes pour enlever des captifs. Au terme de cette opĂ©ration, 1500 personnes, des sujets du sultan mamelouk, ont Ă©tĂ© capturĂ©es et emmenĂ©es, pour ĂȘtre employĂ©es dans les domaines royaux, dont les revenus principaux proviennent de la production et de l’exportation du sucre. Selon Janus, qui rĂ©pond Ă  Sanç Antoni Ametller, envoyĂ© d’urgence par le sultan mamelouk al-Mu’ayad 1412-1421 pour exiger la libĂ©ration immĂ©diate des prisonniers, ces 1500 personnes reprĂ©sentent un apport indispensable pour l’üle, qui Ă©prouve un besoin pressant de laboureurs et de planteurs de cannes Ă  sucre46. 47 Benjamin Arbel, Venitian Cyprus and the muslim Levant », Cyprus and the crusades. Papers given ... 48 LĂ©once Macheras, Chronique de Chypre, op. cit., p. 374-375. 49 Ibid., p. 360. 18Les territoires mamelouks constituent ainsi pour les Chypriotes un arriĂšre-pays oĂč ils peuvent se procurer une main d’Ɠuvre employable gratuitement dans leurs casaux47. Ainsi, les conseillers du roi Janus mettent tout leurs poids pour le convaincre de refuser toute nĂ©gociation de paix avec le sultan mamelouk et de poursuivre la course contre ses possessions nous te promettons qu’en allant l’attaquer, nous rapporterons assez d’esclaves pour remplir l’üle48 ». Ces propos suscitent l’indignation du chroniqueur chypriote LĂ©once Macheras, qui affirme c’est ainsi que raisonnent des conseillers sans expĂ©rience et n’ayant pas la moindre idĂ©e du monde ». D’autre part, ces discussions jettent une pleine lumiĂšre sur la place de la course comme source de revenu pour les seigneurs et les chevaliers de l’üle, comme le souligne clairement Macheras les seigneurs s’étaient enrichis en pillant les Sarrasins49 ». 50 Mohamed Ouerfelli, Les relations », op. cit., p. 335-336. 51 LĂ©once Macheras, Chronique de Chypre, op. cit., p. 380 le chroniqueur qualifie le comportement de ... 52 Ibidem. 53 Outre le maĂźtre sucrier, Macheras cite d’autres personnes comme ThĂ©otokis, le maçon du roi ou un Sy ... 19Les descentes rĂ©pĂ©tĂ©es des corsaires chypriotes et catalans sur les cĂŽtes syro-Ă©gyptiennes ont conduit le sultan mamelouk Barsbay 1422-1438 Ă  organiser une expĂ©dition militaire contre l’üle, qui aboutit Ă  sa prise en 1426 et Ă  la libĂ©ration de tous les captifs employĂ©s dans les casaux du roi, comme dans ceux des seigneurs de l’üle50. Pendant cette conquĂȘte, le chroniqueur chypriote Macheras souligne la prĂ©sence de sarrasins baptisĂ©s, vivant dans l’üle, qu’il qualifie d’esclaves et qui ont Ă©tĂ© persĂ©cutĂ©s par les chevaliers, afin de les empĂȘcher d’aller retrouver leurs coreligionnaires51. Parmi eux, figure un certain Georges de Tamathiani qui faisait cuire la poudre pour fabriquer la colle servant Ă  Ă©purer le sucre52 ». Il ne s’agit sans doute pas d’un esclave, mais plutĂŽt d’un affranchi travaillant dans la raffinerie du roi53. 54 Louis de Mas Latrie, Histoire de l’üle de Chypre, op. cit., t. II, p. 458-459 ; Marie-Louise von Wa ... 55 Al-SayrafĂź, Nuzhat al-nufĂ»s wa-l-’abdĂąn fÄ« tawĂąrĂźkh al-zamĂąn, Ă©d. Hassan Habchi, Le Caire, DĂąr al-K ... 56 Ibidem. 20Les opĂ©rations militaires mameloukes dans l’üle ont par ailleurs rĂ©vĂ©lĂ© que les Corner, grande famille vĂ©nitienne, qui exploitait le village de Piskopi oĂč ils produisaient essentiellement du sucre, employaient des captifs musulmans dans leurs plantations54. Le rĂ©cit de rescapĂ©s, ayant rĂ©ussi Ă  s’enfuir vers le camp de l’armĂ©e mamelouke en 1426, met en lumiĂšre l’emploi de captifs par les VĂ©nitiens de Piskopi55. Douze personnes sont signalĂ©es sept sont rattrapĂ©es et reconduites au village et les cinq autres ont rĂ©ussi Ă  s’échapper, d’oĂč leur tĂ©moignage qui met en cause non seulement les Corner, mais aussi la neutralitĂ© de la rĂ©publique de Venise dans le conflit entre le royaume de Chypre et le sultanat mamelouk. Selon ces tĂ©moins, une galĂ©e vĂ©nitienne accostant Ă  Piskopi transportait Ă  son bord des marchands qui venaient charger du sucre et surtout une importante cargaison d’armes destinĂ©e au roi de Chypre56. 57 Margaret Newett, Ă©d., Canon Pietro Casola’s pilgrimage to Jerusalem in the year 1494, Manchester, U ... 21AprĂšs l’établissement de la paix avec l’Égypte, les traces de captifs employĂ©s dans les plantations et les sucreries s’effacent. À la fin du xve siĂšcle, le voyageur italien Pietro Casola, en visite sur l’üle, ne parle ni de captifs, ni d’esclaves. Il note la prĂ©sence d’une main d’Ɠuvre libre travaillant dans la raffinerie des Corner Ă  Piskopi plus de quatre cents ouvriers y opĂšrent et sont payĂ©s Ă  la fin de chaque semaine57. Ainsi, ces exemples de captifs dans l’üle n’étaient qu’une pratique temporaire, rendue nĂ©cessaire par un manque cruel de main d’Ɠuvre et favorisĂ©e par une situation politique et militaire tendue. 58 David Jacoby, La production du sucre en CrĂšte vĂ©nitienne l’échec d’une entreprise Ă©conomique ... 59 Hyppolite Noiret, Documents inĂ©dits pour servir Ă  l’histoire de la domination vĂ©nitienne en CrĂšte d ... 60 Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., p. 136. 61 Hyppolite Noiret, Documents inĂ©dits, op. cit., p. 324-325 ; Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., ... 22Le centre crĂ©tois est moins important que Chypre du point de vue de la production et du nombre d’entrepreneurs engagĂ©s. AprĂšs de nombreuses tentatives pour introduire l’industrie du sucre dans cette Ăźle, une seule entreprise est créée et autorisĂ©e par la rĂ©publique de Venise Ă  partir de 142858. Selon une rĂ©solution du SĂ©nat, Marco de Zanono, citoyen vĂ©nitien, obtient l’exclusivitĂ© de la production dans l’üle pendant une pĂ©riode de dix ans59. Les quelques informations qui nous sont parvenues sur cette entreprise, Ă©manant notamment des dĂ©libĂ©rations du SĂ©nat de Venise, indiquent clairement la prĂ©sence d’ouvriers60. La main d’Ɠuvre engagĂ©e dans les plantations et les installations industrielles est soumise au mĂȘme traitement que les Ă©quipages des galĂ©es marchandes ; tout ouvrier fuyard sera traitĂ© et puni de la mĂȘme façon et dans des conditions identiques que les dĂ©serteurs des galĂ©es. Marco de Zanono doit informer ses salariĂ©s de ces conditions avant de les engager dans son entreprise ; le SĂ©nat accordera sa confiance aux livres de comptes qu’il tiendra pour le paiement de ses employĂ©s61. Des traces fugitives d’esclaves en MĂ©diterranĂ©e occidentale 62 Carmelo Trasselli, Storia dello zucchero siciliano, Caltanissetta-Rome, Salvatore Sciascia, 1982 ; ... 23Dans le bassin occidental de la MĂ©diterranĂ©e, les entreprises sucriĂšres font appel Ă  une main d’Ɠuvre libre, payĂ©e selon le degrĂ© de sa qualification. La Sicile, centre de production de premier plan au xve siĂšcle, reprĂ©sente par ailleurs un observatoire de prĂ©dilection pour apprĂ©hender l’organisation du travail dans les entreprises sucriĂšres et la nature de la main d’Ɠuvre employĂ©e. En effet, les dĂ©pouillements de quelque deux mille piĂšces documentaires dans les archives palermitaines mettent en lumiĂšre des contrats Ă©tablis entre des patrons de trappeti et des entrepreneurs agricoles ou des artisans pour accomplir les diffĂ©rents services de la plantation Ă  la raffinerie62. Ces recherches mettent en Ă©vidence une organisation rigoureuse du travail et une spĂ©cialisation dans l’accomplissement des tĂąches ; chaque poste de travail est clairement dĂ©fini par les contrats. On retrouve Ă©galement ces jeunes garçons, qui travaillaient dans les centres Ă©gyptiens aux cĂŽtĂ©s de leurs parents, pour les aider Ă  accomplir certaines tĂąches. QualifiĂ©s de famuli ou d’infanti, ces ouvriers sont dĂ©pourvus d’expĂ©rience et sont appelĂ©s Ă  aider le personnel qualifiĂ© de la sucrerie. 63 Les deux graphiques sont rĂ©alisĂ©s Ă  partir d’une cinquantaine de contrats de recrutement, instrumen ... 24Comme l’indiquent les deux graphiques des salaires des infanti de chanca, qui travaillent Ă  l’établi, et des infanti de caldaria, qui s’occupent des chaudiĂšres, ces ouvriers, tout comme les famuli de fucaloru, qui alimentent et entretiennent les fourneaux, touchent une rĂ©tribution, variable pour les infanti di chanca et stable en revanche pour les infanti di caldaria63. Tableau no 1 Salaires des Infanti di caldaria en Sicile 1410-1490 en tari par mois Graphique composĂ© par l’auteur. Tableau no 2 Salaires des Infanti di chanca en Sicile 1415-1490 en tari par mois Graphique composĂ© par l’auteur. 64 Archivio di Stato di Palermo, Notai Defunti dĂ©sormais ASP. ND., NiccolĂČ Aprea 828, 65 Charles Verlinden, L’esclavage, t. II, op. cit., p. 231. 66 Antonino Giuffrida, La produzione dello zucchero in un opificio della piana di Carini nella seco ... 67 ASP, ND, Giovanni Randisio, 68 Voir les graphiques sur l’évolution des salaires des ouvriers pendant le xve siĂšcle ; Mohamed Ouerf ... 25Les recherches ont rĂ©vĂ©lĂ© quelques traces fugitives de la prĂ©sence d’esclaves employĂ©s par leurs maĂźtres dans les plantations ou dans les sucreries. Ce sont au total quatre exemples ; c’est dire combien c’est peu le premier est trĂšs particulier, puisqu’il s’agit d’un maĂźtre sucrier, un technicien et dĂ©tenteur de savoir-faire. En 1459, Pietro de Carastono vend Ă  NiccolĂČ de la Chabica dix esclaves, dont Jacobus Niger zuccararius, pour la somme de douze onces64. Le deuxiĂšme est celui de l’esclave turc Mustafa louĂ© en 1462, par son maĂźtre Giovanni Planchininu Ă  NiccolĂČ, fils de feu Giuliano de Bologne, Ă  20 tari par mois65. Le troisiĂšme exemple est reprĂ©sentĂ© par les six esclaves appartenant Ă  Giovanni Bayamonte, et qui travaillent dans son trappeto pendant la campagne de 1472-1473, Ă  cĂŽtĂ© de 65 ouvriers recrutĂ©s66. Ce mĂȘme entrepreneur, qui a visiblement du mal Ă  recruter de la main d’Ɠuvre, comme l’indique le quatriĂšme exemple, loue le 7 fĂ©vrier 1477, Ă  Pietro de Spagna l’esclave noir Giovanni Ragazu, pour la saison de la cuisson du sucre, Ă  raison de 12 tari par mois67. Ces exemples reprĂ©sentent des cas exceptionnels ; leurs maĂźtres perçoivent une rĂ©munĂ©ration pour les services qu’ils accomplissent, notamment pour le deuxiĂšme et le quatriĂšme exemples. En revanche, la main d’Ɠuvre salariĂ©e paraĂźt ĂȘtre la rĂšgle comme le montrent les milliers de contrats d’embauche et les salaires offerts Ă  chaque tĂąche aussi bien dans la plantation que dans le trappeto68. 69 Ibid., p. 294. 26Il se dĂ©gage donc de notre Ă©tude que les rĂ©tributions des ouvriers dans les plantations et surtout les raffineries sont plus Ă©levĂ©es que dans les autres activitĂ©s de l’économie de l’üle69. Elles ont connu une certaine augmentation Ă  la fin du xive siĂšcle, un peu moins au dĂ©but du siĂšcle suivant, pour se stabiliser durablement jusqu’à la derniĂšre dĂ©cennie, oĂč l’on constate une hausse des salaires, due Ă  la rarĂ©faction de la main d’Ɠuvre. En parallĂšle Ă  cette stagnation, le rythme du travail s’accĂ©lĂšre de façon significative ; la croissance des entreprises sucriĂšres, le souci de rendement et surtout la volontĂ© de rĂ©duire les coĂ»ts de main d’Ɠuvre, expliquent l’amplification des tĂąches du personnel et l’aggravation des conditions de travail dans les sucreries. La rĂ©partition des salaires entre les diffĂ©rents postes de travail dans une raffinerie montre que le salariat suffit pour assurer toutes les Ă©tapes de la production et qu’une structure esclavagiste des plantations n’existe nulle part en MĂ©diterranĂ©e au Moyen Âge. 70 Jacqueline Guiral-Hadziiossif, La diffusion et la production de la canne Ă  sucre xiiie-xvie siĂš ... 71 Arxiu del Regne de ValĂšncia ARV, Reial Cancelleria RC, no 641 ProcĂšs sobre fabricaciĂł de sucr ... 72 ARV, RC, 641, f. 68r-69v. 73 Maite Framis Montoliu, La baronia de BeniarjĂł, dels March als Montcada catĂ leg documental, Simat ... 74 AmĂ©dĂ©e PagĂšs, Ausias March et ses prĂ©dĂ©cesseurs essai sur la poĂ©sie amoureuse et philosophique en ... 27Dans le royaume de Valence, des paysans musulmans et chrĂ©tiens cultivent la canne Ă  sucre ; ils assurent Ă©galement toutes les tĂąches dans les trapig, oĂč ils vont chercher un complĂ©ment de salaire70. GrĂące au ProcĂšs sobre fabricaciĂł de sucre 1433-1437, intentĂ© par l’Église contre les seigneurs du royaume de Valence pour les obliger Ă  payer les dĂźmes sur la production du sucre, nous connaissons prĂ©cisĂ©ment les circonstances de l’extension fulgurante des plantations et de la construction de nombreuses sucreries71. Tous les tĂ©moins appelĂ©s Ă  la barre sont unanimes sur le fait que les paysans, sans doute encouragĂ©s par les seigneurs, ont remplacĂ© les cultures du blĂ© et de l’orge par celle de la canne Ă  sucre72. Le poĂšte et chevalier Ausias March, qui a hĂ©ritĂ© de son pĂšre Pere March les fiefs de Pardines, de Verniça et surtout de la huerta de Beniarjo, sur les bords de la riviĂšre d’Alcoy, oĂč la canne Ă  sucre est bien Ă©tablie dĂšs le dĂ©but du xve siĂšcle73, n’aurait pu dĂ©velopper ses plantations et installer sa sucrerie sans l’apport des paysans musulmans qui peuplaient ses fiefs74. 75 Ferran Garcia-Oliver, Les companyies del trapig », Afers, 32, 1999, p. 189-190. 76 Piotr Radzikowsky, Ă©d., Reisebeschreibung Niclas von Popplau Ritters,bĂŒrtig von Breslau, Cracovie, ... 77 Ferran Garcia-Oliver, Les companyies », op. cit., p. 190. 28La main d’Ɠuvre employĂ©e dans les trapig est aussi composĂ©e de musulmans et de chrĂ©tiens, qui viennent des villages environnants chercher un complĂ©ment de salaire ; parmi eux, on ne relĂšve aucune trace d’esclaves. Des 78 ouvriers, prĂ©sentĂ©s en 1436 devant le notaire Pere Pugeriol pour s’engager dans la sucrerie de Gandia, 65 sont musulmans et 13 chrĂ©tiens75. En 1486, Nicolas Popplau, en voyage entre Almenara et Villareal, signale des plantations de cannes Ă  sucre cultivĂ©es par des musulmans76. De mĂȘme, les 62 personnes recrutĂ©es en 1554 pour travailler dans le trapig de RĂ fol de Valldigna sont toutes musulmanes77. 78 Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., p. 142-148. 79 Abd al-IlĂąh BenmlĂźh, Al-riqq fĂź bilĂąd al-Maghrib wa-l-Andalus L’esclavage au Maghreb et en al-Anda ... 29Quant au Maghrib al-AqsĂą, ultime centre de production en MĂ©diterranĂ©e occidentale, la canne Ă  sucre y est introduite depuis au moins le xe siĂšcle, mais la production demeure trĂšs limitĂ©e jusqu’à la fin du Moyen Âge, Ă  la fois au niveau des surfaces cultivĂ©es, mais aussi en matiĂšre d’implication du pouvoir et de ses investissements pour dĂ©velopper cette nouvelle industrie78. Dans sa thĂšse sur L’esclavage au Maghreb et en al-Andalus pendant les xe-xiie siĂšcles, Abd al-IlĂąh BenmlĂźh s’est longuement interrogĂ© sur le silence des sources et sur l’emploi d’esclaves dans l’agriculture. Les quelques tĂ©moignages Ă©pars sont ambigus et ne permettent pas de rĂ©pondre Ă  ces questionnements ; aussi conclut-il prudemment que l’emploi de la main d’Ɠuvre servile ne pouvait ĂȘtre que ponctuel et qu’il Ă©tait rare de recourir aux esclaves pour effectuer certaines tĂąches dans les champs79. 30Il faut attendre le xive siĂšcle pour voir des installations sucriĂšres relativement nombreuses Ă  Marrakech environ une quarantaine de pressoirs transforment les rĂ©coltes rassemblĂ©es des plantations autour de la ville. Plusieurs sortes de sucre sont produites, dont la meilleure qualitĂ© est 80 Al-UmarĂź, MasĂąlik al-’absĂąr fĂź mamĂąlik al-’amsĂąr, I l’Afrique moins l’Égypte, trad. Godefroy Dem ... ÉpurĂ©e et raffinĂ©e, [
] est parfaitement blanche, compacte, et d’un goĂ»t dĂ©licieux. Il [le sucre] approche du sucre raffinĂ© d’Égypte, s’il ne lui est mĂȘme Ă©gal. Mais le sucre que l’on fait au Maroc n’est pas abondant, et s’ils plantaient plus de cannes, il y aurait davantage de sucre80. 31L’enquĂȘte minutieusement menĂ©e par al-UmarĂź m. 1349 auprĂšs de MaghrĂ©bins rĂ©sidant au Caire, sur la consommation du sucre par les Marocains au xive siĂšcle, montre qu’il est sans doute question de petites unitĂ©s de production qui fonctionnent pour approvisionner un marchĂ© rĂ©gional, celui de l’IfrĂźqiya et du Sahara, sans pouvoir atteindre les villes marchandes europĂ©ennes. 81 Jean-LĂ©on l’Africain, Description de l’Afrique, op. cit., I, p. 178. 82 Bernard Rosenberger, La production de sucre au Maroc au xvie siĂšcle. Aspects techniques et socia ... 32AprĂšs 1492 et la chute du royaume de Grenade, des Andalous se rĂ©fugient au Maghreb et s’installent dans plusieurs villes du Maroc, notamment Ă  Camis Metgara, oĂč ils dĂ©veloppent les cultures du mĂ»rier et de la canne Ă  sucre. Mais les opĂ©rations de raffinage ne rĂ©ussissent pas ; le sucre produit est de couleur noire et de mauvaise qualitĂ©81, d’oĂč les tentatives des souverains sadiens de faire venir secrĂštement des maĂźtres sucriers de MadĂšre, pour effectuer des sĂ©jours ponctuels et amĂ©liorer la qualitĂ© du sucre produit. En 1553, un marin portugais est accusĂ© de transporter illĂ©galement ces experts dans l’art de raffiner le sucre vers le sud-ouest du Maroc82. 33Dans un contexte de compĂ©tition avec les possessions portugaises et les CaraĂŻbes, des Juifs, intĂ©ressĂ©s par l’exportation du sucre, s’impliquent activement dans la gestion de grands complexes industriels. Ceux-ci ont nĂ©cessitĂ© une main d’Ɠuvre nombreuse pour travailler Ă  la fois dans les plantations et dans les sucreries, d’oĂč l’idĂ©e d’employer des prisonniers rĂ©cemment capturĂ©s. À en croire le tĂ©moignage de Marmol, le principal trafic dans le royaume du Maroc au xvie siĂšcle est celui du sucre 83 L’Afrique de Marmol, trad. Nicolas Perrot sieur d’Ablancourt, Paris, 1667, III/ 2, p. 28-31 [
] Le sucre est fort fin depuis qu’un Juif qui s’était fait Maure dressa les moulins avec l’aide des captifs que le chĂ©rif fit au cap d’Aguer83. 84 Paul Berthier, Un Ă©pisode de l’histoire de la canne Ă  sucre, les anciennes sucreries du Maroc et le ... 85 Bernard Rosenberger, La production », op. cit., p. 170-171. 34Paul Berthier a fouillĂ© les grandes sucreries mises en place par les chĂ©rifs sadiens au xvie siĂšcle ; il a cru pouvoir apporter, Ă  partir de la toponymie, des preuves formelles de la prĂ©sence d’esclaves dans les centres de production. Il a en effet remarquĂ© l’existence de sites Ă  proximitĂ© des sucreries de Saouira al-QadĂźma, de Chichaoua et de Tazemourt I, appelĂ©s DiyĂąr al-abĂźd les maisons des esclaves, SĂ»r al-abĂźd la muraille des esclaves et QusĂ»r al-abĂźd les chĂąteaux des esclaves84. Or, les constructions en question datent d’une Ă©poque postĂ©rieure Ă  celle des sucreries85. Une lecture attentive des textes contemporains de l’expansion de l’industrie du sucre rĂ©fute littĂ©ralement ces arguments toponymiques. Des paysans libres et des tribus sont impliquĂ©s directement dans la culture de la canne Ă  sucre. Luis del Marmol dĂ©crit ainsi la rĂ©gion de SĂ»s al-’AqsĂą 86 L’Afrique de Marmol, op. cit., t. II, p. 29. Tous les habitants sont berbĂšres de la tribu des Masmouda et plus illustres que ceux de Hea, parce qu’ils sont plus riches et se traitent mieux, particuliĂšrement ceux des villes qui s’emploient aux sucres et au labourage86. 87 Abd al-IlĂąh BenmlĂźh, Al-Riqq fĂź bilĂąd al-Maghrib wa-l Andalus L’esclavage au Maghreb et en al-Anda ... 35Au Maghrib al-AqsĂą comme ailleurs dans tous les centres mĂ©diterranĂ©ens, les esclaves sont employĂ©s surtout comme domestiques et dans certaines rĂ©gions dans les travaux agricoles, lorsque la main d’Ɠuvre manque cruellement87. 36Ce bref dĂ©tour par les centres de production mĂ©diterranĂ©ens ne laisse aucun doute quant Ă  l’absence d’utilisation de main d’Ɠuvre servile dans les plantations et les sucreries mĂ©diterranĂ©ennes. Celles-ci font essentiellement appel Ă  des paysans, Ă  des entrepreneurs agricoles ou Ă  des salariĂ©s payĂ©s Ă  façon ou par mois, pour accomplir toutes les tĂąches nĂ©cessaires aussi bien dans la plantation que dans le complexe industriel. Les quelques exemples d’esclaves ou de captifs apparaissant dans la documentation ne sont que rarement employĂ©s et ne sont de fait que trĂšs peu reprĂ©sentĂ©s dans l’organisation du travail des unitĂ©s de production mĂ©diterranĂ©ennes. Il faut sans hĂ©sitation rejeter cette image souvent vĂ©hiculĂ©e d’un esclavage colonial ». Ce phĂ©nomĂšne a plutĂŽt marquĂ© les CaraĂŻbes et les AmĂ©riques, oĂč l’emploi de la main d’Ɠuvre servile est devenu systĂ©matique et massif. Produire du sucre en MĂ©diterranĂ©e ne peut donc pas ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une forme d’économie esclavagiste telle qu’on l’a vue dans le Nouveau Monde. Le modĂšle mĂ©diterranĂ©en ne transparaĂźt qu’à travers les progrĂšs techniques largement mis Ă  profit pour dĂ©velopper une Ă©conomie des plantations sur une grande Ă©chelle. Top of page Notes 1 Charles Verlinden, L’esclavage dans l’Europe mĂ©diĂ©vale, I PĂ©ninsule IbĂ©rique-France, Bruges, 1955 ; Id., L’esclavage dans l’Europe mĂ©diĂ©vale, II Italie, colonies italiennes du Levant, Levant latin, Empire byzantin, Bruges, 1977 ; Domenico GioffrĂš, Il mercato degli schiavi a Genova nel secolo xv, GĂȘnes, 1971 ; Michel Balard, La Romanie gĂ©noise xiie-dĂ©but du xve siĂšcle, Rome, École française de Rome, 1978, 2 vol. 2 On peut citer trois publications rĂ©centes Roger Botte et Alessandro Stella, dir., Couleur de l’esclavage sur les deux rives de la MĂ©diterranĂ©e Moyen Âge-xxe siĂšcle, Paris, Karthala, 2012 ; Les esclaves en MĂ©diterranĂ©e. Espaces et dynamiques Ă©conomiques, Études rĂ©unies par Fabienne Plazolles GuillĂ©n et Salah Trabelsi, Madrid, Casa de VelĂĄzquez, 2012, et Ivan Armenteros MartĂ­nez, L’esclavitud a la Barcelona del Renaixement 1479-1516. Un port mediterrani sota la influĂšncia del primer trĂ fic negrer, Barcelone / Lleida, FundaciĂł Noguera / PagĂšs Editors, 2015. 3 La route du sucre du viiie au xviiie siĂšcle, colloque international organisĂ© par l’Association populaire pour l’Éducation scientifique, 2000, Ă©d. É. Eadie, Schoelcher, en 2002. 4 Dans les actes du colloque organisĂ© Ă  Schoelcher, Maurice Burac et Christian Montbrun persistent Ă  croire en la relation Ă©troite entre la diffusion de la canne Ă  sucre et le commerce des esclaves dans la MĂ©diterranĂ©e mĂ©diĂ©vale Maurice Burac, La canne Ă  sucre la route Asie-AmĂ©rique », La route, op. cit., p. 17-31 ; Christian Montbrun, La canne Ă  sucre de l’Asie au Maroc au xvie siĂšcle », La route, op. cit., p. 49-61. Dans un essai de synthĂšse du mĂȘme colloque, Émile Eadie, au lieu de vĂ©rifier les conclusions, par ailleurs justes, de Michel Balard Les conditions de la production sucriĂšre en MĂ©diterranĂ©e orientale Ă  la fin du Moyen Âge », La route du sucre du viiie au xviiie siĂšcle, op. cit., p. 41-48., sur la quasi inexistence d’esclaves dans les sucreries mĂ©diterranĂ©ennes, s’interroge de maniĂšre dĂ©plorable sur ce qu’il qualifie de procĂ©dĂ© pour dĂ©guiser la situation historique rĂ©elle ». 5 Charles Verlinden, Les Origines de la civilisation atlantique. De la Renaissance Ă  l’ñge des LumiĂšres, NeuchĂątel, La BaconiĂšre et Paris, Albin Michel, 1967, p. 178. On trouve les mĂȘmes idĂ©es dans d’autres travaux du mĂȘme auteur, notamment sur l’emploi des esclaves dans les plantations mĂ©diterranĂ©ennes Id., Aspects de l’esclavage dans les colonies mĂ©diĂ©vales italiennes », Éventail de l’histoire vivante. Hommage Ă  Lucien Febvre, Paris, 1953, p. 102-103 ; Id., Dal Mediterraneo all’Atlantico », Contributi per la storia economica, Prato, Istituto internazionale di storia economica F. Datini, 1973, p. 38-42 ; Id., De la colonisation mĂ©diĂ©vale italienne au Levant Ă  l’expansion ibĂ©rique en Afrique continentale et insulaire. Analyse d’un transfert Ă©conomique, technologique et culturel », Bulletin de l’institut historique belge de Rome, 53-54, 1983-1984, p. 104-107. 6 Sidney Mintz, Sucre blanc, misĂšre noire, le goĂ»t et le pouvoir, traduit de l’anglais par R. Ghani, Paris, Nathan, 1991, p. 49. 7 Jock H. Galloway, The sugar cane industry, an historical geography from its origin to 1914, Cambridge, Cambridge University Press, 1989, p. 190. 8 Blaise Essomba, Sucre mĂ©diterranĂ©en, sucre atlantique et le commerce du Nord europĂ©en aux xve et xvie siĂšcles, thĂšse de doctorat inĂ©dite, UniversitĂ© de Paris 1, 1981. 9 Ibid., p. 10-14, 37-38, 48, 52-53 et 63. 10 Ibid., p. 12. 11 Patrick Manning, Slavery and african life. Occidental, oriental and african slave trades, Cambridge University Press, 1990, p. 29 ; Id., Why Africans ? The rise of the slave trade to 1700 », The slavery reader, Ă©d. Gad Heuman et James Walvin, Londres-New York, 2003, p. 32 ; voit Ă©galement Brian A. Catlos, Muslim of medieval latin christendom, c. 1050-1614, Cambridge University Press, 2014, p. 265. 12 Mohamed Ouerfelli, Le sucre production, commercialisation et usages dans la MĂ©diterranĂ©e mĂ©diĂ©vale, Leyde-Boston, Brill, 2008, p. 287-292. 13 Salah Trabelsi, L’esclavage domanial dans le paysage agraire musulman au Moyen Âge », Esclavage et dĂ©pendances serviles histoire comparĂ©e, Ă©d., Myriam Cottias, Alessandro Stella et Bernard Vincent, Paris, L’Harmattan, 2006, p. 306-307 ; Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., p. 22-24. 14 Faysal al-SĂąmir, Thawrat al-Zenğ la rĂ©volte des Zenğ, en arabe, Bagdad, Maktabat al-ManĂąr, 1971, p. 26. 15 Alexandre Popovic, La RĂ©volte des esclaves en Iraq au iiie/ixe siĂšcle, Paris, Paul Geuthner, 1976, p. 64. 16 François Renault, La Traite des noirs au Proche-Orient mĂ©diĂ©val, viie-xive siĂšcles, Paris, Paul Geuthner, 1989, p. 44. Sur la question des nouvelles cultures introduites dans le monde musulman, cf. Andrew M. Watson, Agricultural innovation in the early islamic world. The diffusion of crops and farming techniques, 700-1100, Cambridge, Cambridge University Press, 1983. 17 Faysal al-Sāmir, Thawrat al-Zenğ, op. cit., p. 34-35. 18 Ibid., p. 30. 19 Al-TabarĂź, TĂąrĂźkh al-rusul wa-l-mulĂ»k, Beyrouth, KhayĂąt, s. d., t. III, 12, p. 1742 et 1750. Ibn al-’AthĂźr, Al-KĂąmil fĂź al-tĂąrĂźkh, Beyrouth, DĂąr SĂądir, 1982, t. vii, p. 205. 20 Faysal al-SĂąmir, Thawrat al-Zenğ, op. cit., p. 51 ; Salah Trabelsi, L’esclavage domanial », op. cit., p. 307. 21 Ahmad Ulabi, Thawrat al-Zenğ wa qñ’iduhĂą Muhammad Ibn AlĂź, Beyrouth, DĂąr al-FĂąrĂąbĂź, 1961, p. 102. 22 Ibid., p. 102-106. 23 NoĂ«l Deerr, The history of sugar, Londres, Chapman and Hall, 1950, II, p. 259. 24 Ibn Hawqal, La configuration de la terre KitĂąb sĂ»rat al-ard, trad. J. H. Kramers et G. Wiet, Paris, Maisonneuve et Larose, 1964, rĂ©impr. 2001, I, p. 108. 25 Les esclaves noirs servaient dans l’armĂ©e fatimide depuis le rĂšgne du calife al-MahdĂź 910-934 ; ils formaient un corps et Ă©taient dĂ©signĂ©s sous le terme de Zawilites ils venaient de ZawĂźla, chef-lieu du FezzĂąn, grand marchĂ© des esclaves ; Farhat Dachraoui, Le califat fatimide au Maghreb, 296-362/909-973. Histoire politique et institutions, Tunis, STD, 1981, p. 370-371. Lorsque les Fatimides s’installent en Égypte, le corps des Soudanais prend une importance accrue et rivalise avec celui des Turcs, jusqu’à l’arrivĂ©e de Saladin en 1169, qui dĂ©cide de s’en dĂ©barrasser ; L. Jere Bacharach, African military slaves in the medieval Middle East the case of Iraq 869-955 and Egypt 868-1171 », International Journal of Middle East Studies, 13, 1981, p. 471-495 ; AbbĂšs Zouache, ArmĂ©es et combats en Syrie 491/1098-569/1174. Analyse comparĂ©e des chroniques mĂ©diĂ©vale latines et arabes, Damas, IFPO, 2008, p. 251-254. 26 François Renault, La traite des noirs au Proche-Orient mĂ©diĂ©val, op. cit., p. 44. 27 Jean Sauvaget, Sur un papyrus arabe de la BibliothĂšque Ă©gyptienne », Annales de l’Institut d’études orientales, 8, 1948, p. 29-38. 28 Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., p. 69-70. 29 Al-MakhzĂ»mĂź, KitĂąb al-minhñğ fĂź ilm kharñğ Misr », Ă©d. Claude Cahen et Youssef Raghib, SupplĂ©ment aux Annales islamologiques, cahier no 8, le Caire, 1986, p. 5. 30 Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., p. 295. 31 Nassiri Khosrau, Sefer Nameh, Ă©d. et trad. Charles Schefer, Paris, Ernest Leroux, 1881, p. 118-119. 32 Nicolas Michel, Devoirs fiscaux et droits fonciers la condition des fellahs Ă©gyptiens xiiie-xvie siĂšcles », Journal of Economic and Social History of the Orient, 43/2, 2000, p. 521-578. 33 Sur les modes d’exploitation en Syrie et surtout en Égypte, cf. Mounira Chapoutot-Remadi, L’agriculture dans l’empire mamlĂ»k d’aprĂšs al-NuwayrĂź », Cahiers de Tunisie, 85-86, 1974, p. 37-43 ; Tsugitaka Sato, State and rural society in medieval Islam. Sultans, muqtas and fallahun, Leyde-New York-Cologne, Brill, 1997, p. 188-220 ; Nicolas Michel, Devoirs fiscaux », op. cit., p. 521-578. 34 Claude Cahen, L’Islam des origines au dĂ©but de l’empire ottoman, Paris, Hachette, 1995, p. 177-178 ; Id., Le rĂ©gime des impĂŽts dans le Fayyum des Ayyubides », Arabica, 3, 1956, p. 23 ; rĂ©impr. dans MakhzĂ»miyyĂąt. Études sur l’histoire Ă©conomique et financiĂšre de l’Égypte mĂ©diĂ©vale, Leyde, Brill, 1977. 35 Al-NuwayrĂź, NihĂąyat al-’arab fĂź funĂ»n al-’adab, Le Caire, DĂąr al-Kutub, 2007, t. viii, p. 265-268. 36 Al-NuwayrĂź, NihĂąyat al-’arab fĂź funĂ»n al-’adab, Le Caire, DĂąr al-Kutub, 2002, t. xxxii, p. 262 ; Al-QalqaĆĄandĂź, Subh al-’aĆĄĂą fĂź sinĂąat al-’inĆĄĂą, Le Caire, al-Matbaa al-’AmĂźriya, 1919, t. xiv, p. 34. 37 Mohamed Ouerfelli, Organisation spatiale et rĂ©percussions de l’industrie du sucre sur le paysage urbain Fustāt et Palerme xive-xve siĂšcle », Villes mĂ©diterranĂ©ennes au Moyen Âge, Élisabeth Malamut et Mohamed Ouerfelli, dir., Aix-en-Provence, Presses Universitaires de Provence, 2014, p. 197-215. 38 Ibn al-Hñğ, Al-Madkhal ’ilĂą tanmiyat al-’amĂąl bitahsĂźn al-niyĂąt, Le Caire, 1929, t. IV, p. 150-151 et 153. 39 LĂ©on l’Africain, Description de l’Afrique, trad. de l’italien par A. Epaulard, Paris, Maisonneuve, 1956, t. II, p. 502. 40 Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., p. 126-127. 41 Claude Delaval Cobham, Excerpta Cypria materiels for a history of Cyprus, Cambridge, Cambridge University Press, 1908, p. 19 ; Louis de Mas Latrie, Histoire de l’üle de Chypre sous le rĂšgne des princes de la maison de Lusignan, Paris, Imprimerie impĂ©riale, 1852-1861, t. II, p. 212 ; Benjamin Arbel, Slave trade and slave labor in Frankish Cyprus1191-1571 », Studies in medieval and renaissance history, 14, 1993, p. 160. 42 Dominique ValĂ©rian, Les captifs et la piraterie une rĂ©ponse Ă  une conjoncture dĂ©primĂ©e ? Le cas du Maghreb au xive et xve siĂšcles », Les esclaves en MĂ©diterranĂ©e, op. cit., p. 119-129. Voir Ă©galement Antonio de Almeida Mendes, Le premier Atlantique portugais entre deux MĂ©diterranĂ©e comment les Africains ont dĂ©veloppĂ© le Vieux Monde xve-xvie siĂšcles », Les esclaves en MĂ©diterranĂ©e, op. cit., p. 156. Sur l’importance du trafic des captifs, cf. Wolfgang Kaiser, Ă©d., Le commerce des captifs. Les intermĂ©diaires dans l’échange et le rachat des prisonniers en MĂ©diterranĂ©e, xve-xviiie siĂšcle, Rome, École française de Rome, 2008. 43 LĂ©once Macheras, Chronique de Chypre, trad. Emmanuel Miller et C. Sathas, Paris, Ernest Leroux, 1882, p. 81-82. 44 LĂ©once Macheras, Chronique de Chypre, op. cit., p. 109 ; Mohamed Ouerfelli, Les migrations liĂ©es aux plantations et Ă  la production du sucre dans la MĂ©diterranĂ©e Ă  la fin du Moyen Âge », Migrations et diasporas mĂ©diterranĂ©ennes xe-xvie siĂšcles. Actes du colloque international de Conques, octobre 1999, rĂ©unis par Michel Balard et Alain Ducellier, Paris, Publications de la Sorbonne, 2002, p. 491. 45 Mohamed Ouerfelli, Les relations entre le royaume de Chypre et le sultanat mamlĂ»k au xve siĂšcle », Le Moyen Âge, 110/2, 2004, p. 327-344. 46 Emmanuel Piloti, TraitĂ© d’Emmanuel Piloti sur le passage en Terre sainte 1420, Ă©d. Pierre-Herman Dopp, Louvain-Paris, BĂ©atrice-Nauwelaerts, 1958, p. 174-175. 47 Benjamin Arbel, Venitian Cyprus and the muslim Levant », Cyprus and the crusades. Papers given at the International Conference Cyprus and the Crusades’, Nicosie, 6-9 septembre, 1994, Ă©d. Nicholas Coureas et Jonathan Riley-Smith, Nicosie, 1995, p. 159. 48 LĂ©once Macheras, Chronique de Chypre, op. cit., p. 374-375. 49 Ibid., p. 360. 50 Mohamed Ouerfelli, Les relations », op. cit., p. 335-336. 51 LĂ©once Macheras, Chronique de Chypre, op. cit., p. 380 le chroniqueur qualifie le comportement des chevaliers, peut-ĂȘtre par sentiment anti-latin, d’erreur, car ces pauvres baptisĂ©s se sont enfuis pour se cacher dans les montagnes, plutĂŽt que de se rendre aux Mamelouks. 52 Ibidem. 53 Outre le maĂźtre sucrier, Macheras cite d’autres personnes comme ThĂ©otokis, le maçon du roi ou un Syrien affranchi. Le terme affranchi » et les mĂ©tiers qu’ils occupent montrent que ces personnes ne sont plus esclaves. 54 Louis de Mas Latrie, Histoire de l’üle de Chypre, op. cit., t. II, p. 458-459 ; Marie-Louise von Wartburg, Production de sucre de canne Ă  Chypre un chapitre de technologie mĂ©diĂ©vale », Coloniser au Moyen Âge, Ă©d. Michel Balard et Alain Ducellier, Paris, Armand Colin, 1995, p. 131. 55 Al-SayrafĂź, Nuzhat al-nufĂ»s wa-l-’abdĂąn fÄ« tawĂąrĂźkh al-zamĂąn, Ă©d. Hassan Habchi, Le Caire, DĂąr al-Kutub, 1973, t. III, p. 82. 56 Ibidem. 57 Margaret Newett, Ă©d., Canon Pietro Casola’s pilgrimage to Jerusalem in the year 1494, Manchester, University Press, 1907, p. 216. 58 David Jacoby, La production du sucre en CrĂšte vĂ©nitienne l’échec d’une entreprise Ă©conomique », Rhodonia. Homage to M. I. Manoussakas, Ă©d. C. Maltezou, T. Detorakes et C. Charalampakes, Rethymno, 1994, p. 167-180 ; rĂ©impr. dans Trade, commodities and shipping in the medieval Mediterranean, Londres, Variorum Reprints, 1997 ; Mohamed Ouerfelli, Sugar production and exportation in Crete at the end of the Middle Ages 15th Century », Journal of Oriental and African Studies, 24, 2015, p. 123-133. 59 Hyppolite Noiret, Documents inĂ©dits pour servir Ă  l’histoire de la domination vĂ©nitienne en CrĂšte de 1380 Ă  1485, Paris, Thorin, 1892, p. 324-325 ; Freddy Thiriet, Regestes des dĂ©libĂ©rations du SĂ©nat de Venise concernant la Romanie, Paris-La Haye, 1958-1961, t. II, p. 251, doc. no 2100. 60 Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., p. 136. 61 Hyppolite Noiret, Documents inĂ©dits, op. cit., p. 324-325 ; Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., p. 136. 62 Carmelo Trasselli, Storia dello zucchero siciliano, Caltanissetta-Rome, Salvatore Sciascia, 1982 ; Henri Bresc, Un monde mĂ©diterranĂ©en, Ă©conomie et sociĂ©tĂ© en Sicile 1350-1450, Palerme-Rome, École française de Rome, 1986, p. 227-252 ; Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., p. 229-250. 63 Les deux graphiques sont rĂ©alisĂ©s Ă  partir d’une cinquantaine de contrats de recrutement, instrumentĂ©s par les notaires palermitains, au profit de plusieurs patrons de trappeti. 64 Archivio di Stato di Palermo, Notai Defunti dĂ©sormais ASP. ND., NiccolĂČ Aprea 828, 65 Charles Verlinden, L’esclavage, t. II, op. cit., p. 231. 66 Antonino Giuffrida, La produzione dello zucchero in un opificio della piana di Carini nella seconda metĂ  del sec. xv », La cultura materiale in Sicilia. Atti del primo convegno internazionale di studi antropologici siciliani, Palerme, 1980, p. 154-155, table no 1 ; rééd. dans Imprese industriali in Sicilia secc. xv-xvi, a cura di Antonino Giuffrida, Caltanissetta-Roma, Salvatore Sciasca Editore, 1996, p. 37-40. 67 ASP, ND, Giovanni Randisio, 68 Voir les graphiques sur l’évolution des salaires des ouvriers pendant le xve siĂšcle ; Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., p. 292-300. 69 Ibid., p. 294. 70 Jacqueline Guiral-Hadziiossif, La diffusion et la production de la canne Ă  sucre xiiie-xvie siĂšcles », Anuario de Estudios medievales, 24, 1994, p. 238-239 ; Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., p. 222. 71 Arxiu del Regne de ValĂšncia ARV, Reial Cancelleria RC, no 641 ProcĂšs sobre fabricaciĂł de sucre, 1433, f. 63r-158r. 72 ARV, RC, 641, f. 68r-69v. 73 Maite Framis Montoliu, La baronia de BeniarjĂł, dels March als Montcada catĂ leg documental, Simat de la Valldigna, 2003, p. 23-24. 74 AmĂ©dĂ©e PagĂšs, Ausias March et ses prĂ©dĂ©cesseurs essai sur la poĂ©sie amoureuse et philosophique en Catalogne aux xive et xve siĂšcles, Paris, HonorĂ© Champion, 1912, p. 99 ; Francisco Almela y Vives, AusĂ­as March y la producciĂłn azucarera valenciana », Feriario. Revista de la Feria Muestrario internacional de Valencia, 1959, p. 10 ; Jaume Josep Chiner Gimeno, AusiĂ s March i la ValĂšncia del segle xv 1400-1459, Valence, Generalitat Valenciana - Consell ValenciĂ  de Cultura, 1997, p. 407-409 ; Ferran Garcia-Oliver, Ausias Marc, Valence, Publicacions de la Universitat de ValĂšncia, p. 183-191. 75 Ferran Garcia-Oliver, Les companyies del trapig », Afers, 32, 1999, p. 189-190. 76 Piotr Radzikowsky, Ă©d., Reisebeschreibung Niclas von Popplau Ritters,bĂŒrtig von Breslau, Cracovie, Trans-Krak, 1998, p. 117 ; Viajes de extranjeros por España y Portugal. Desde los tiempos mĂĄs remotos hasta comienzos del siglo xx, vol. I, Ă©d. et trad. J. GarcĂ­a Mercadal, Junta de Castilla y LeĂłn, 1999, p. 302 ; JosĂ© PĂ©rez Vidal, La cultura de la caña de azĂșcar en el Levante español, Madrid, CSIC, 1979, p. 18 ; Antonio LĂłpez GĂłmez EvolutiĂłn agraria de la Plana de CastellĂłn », Estudios sobre regadios valencianos, Universitat de ValĂšncia, 1990, p. 160. 77 Ferran Garcia-Oliver, Les companyies », op. cit., p. 190. 78 Mohamed Ouerfelli, Le sucre, op. cit., p. 142-148. 79 Abd al-IlĂąh BenmlĂźh, Al-riqq fĂź bilĂąd al-Maghrib wa-l-Andalus L’esclavage au Maghreb et en al-Andalus, Beyrouth, Mu’assasat al-intishĂąr al-arabĂź, 2004, p. 344-350. 80 Al-UmarĂź, MasĂąlik al-’absĂąr fĂź mamĂąlik al-’amsĂąr, I l’Afrique moins l’Égypte, trad. Godefroy Demombynes, Paris, Paul Geuthner, 1927, p. 176. 81 Jean-LĂ©on l’Africain, Description de l’Afrique, op. cit., I, p. 178. 82 Bernard Rosenberger, La production de sucre au Maroc au xvie siĂšcle. Aspects techniques et sociaux », Agua, trabajo y azĂșcar. Actas del sexto seminario internacional sobre la caña de azĂșcar, Motril, 19-23 septembre 1994, Ă©d. Antonio Malpica, Grenade, DeputaciĂłn provincial de Granada, 1996, p. 176-177. 83 L’Afrique de Marmol, trad. Nicolas Perrot sieur d’Ablancourt, Paris, 1667, III/ 2, p. 28-31 84 Paul Berthier, Un Ă©pisode de l’histoire de la canne Ă  sucre, les anciennes sucreries du Maroc et leurs rĂ©seaux hydrauliques, Rabat, Centre universitaire marocain de la recherche scientifique, 1966, t. I, p. 239. Pour Ă©tayer sa dĂ©marche, il s’appuie sur le papyrus Ă©gyptien publiĂ© par Jean Sauvaget et sur l’Ɠuvre de P. Labat ; mais les informations des deux sources sont antĂ©rieures pour la premiĂšre et postĂ©rieures pour la seconde. Elles se rĂ©fĂšrent Ă  des conditions totalement diffĂ©rentes de celles du Maroc du xvie siĂšcle. 85 Bernard Rosenberger, La production », op. cit., p. 170-171. 86 L’Afrique de Marmol, op. cit., t. II, p. 29. 87 Abd al-IlĂąh BenmlĂźh, Al-Riqq fĂź bilĂąd al-Maghrib wa-l Andalus L’esclavage au Maghreb et en al-Andalus, Beyrouth, al-IntishĂąr al-ArabĂź, 2004, p. of page References Bibliographical reference Mohamed Ouerfelli, La production du sucre en MĂ©diterranĂ©e mĂ©diĂ©vale », Rives mĂ©diterranĂ©ennes, 53 2016, 41-59. Electronic reference Mohamed Ouerfelli, La production du sucre en MĂ©diterranĂ©e mĂ©diĂ©vale », Rives mĂ©diterranĂ©ennes [Online], 53 2016, Online since 15 December 2018, connection on 28 August 2022. URL ; DOI Top of page About the author Mohamed Ouerfelli Mohamed Ouerfelli, maĂźtre de confĂ©rences en histoire mĂ©diĂ©vale Ă  l’UniversitĂ© d’Aix-Marseille, est spĂ©cialiste de l’histoire des relations diplomatiques et commerciales entre monde latin et monde musulman au Moyen Âge. Il a notamment publiĂ© Le sucre production, commercialisation et usages dans la MĂ©diterranĂ©e mĂ©diĂ©vale, Leyde-Boston, Brill, 2008 Coll. The Medieval Mediterranean, 71 ; il a coĂ©ditĂ© avec Élise Voguet Le monde rural dans l’Occident musulman mĂ©diĂ©val, Revue des mondes musulmans et de la MĂ©diterranĂ©e, 126, 2009 ; avec Élisabeth Malamut, Les Ă©changes en MĂ©diterranĂ©e mĂ©diĂ©vale. Marqueurs, rĂ©seaux, circulations, contacts, Aix-en-Provence, Presses Universitaires de Provence, 2012 coll. Le temps de l’histoire et Villes mĂ©diterranĂ©ennes au Moyen Âge, Aix-en-Provence, Presses Universitaires de Provence coll. Le temps de l’histoire, 2014. By this author Une introduction Published in Rives mĂ©diterranĂ©ennes, 53 2016 Top of page

De9h Ă  18h, toute une journĂ©e d’animations autour de la pomme, sous toutes ses formes, de la fameuse croustade ariĂšgeoise au jus de fruits naturel. MarchĂ© de terroir local: exposition de fruits locaux et vieux outils, exposition de champignons, vente de pommes et d’arbres fruitiers, conseils techniques (plantation, greffage, taille
Du 19 au 26 septembre, la municipalitĂ© organise la premiĂšre Ă©dition de cet Ă©vĂ©nement. Confinements, rĂ©flexions et opportunitĂ©s ont incitĂ© les Ă©lus Ă  faire Ă©clore le projet. "On a trouvĂ© notre planĂšte belle pendant le confinement, je veux que cela continue. " C’est avec ces mots que l’adjointe Ă  la culture Corinne PolĂ©ri justifie l’organisation de la Semaine de la Terre Ă  partir du 19 septembre. AccompagnĂ©e de Franck Janik, le directeur de la culture, des arts et spectacles de la Ville, l’élue a fĂ©dĂ©rĂ© tous les services municipaux derriĂšre le projet. La rĂ©flexion autour de cette nouvelle initiative a dĂ©marrĂ© il y a un peu plus d’un an lorsque les cinquante ans du Jour de la Terre, le 22 avril 2020, n’ont pu avoir lieu Ă  cause du premier confinement. L’idĂ©e de rĂ©unir sur plusieurs jours les habitants autour des problĂ©matiques Ă©cologiques Ă  travers des confĂ©rences, des expositions et diverses activitĂ©s est apparue. Une premiĂšre date avait Ă©tĂ© fixĂ©e au mois d’avril 2021 pour se greffer au Jour de la Terre mais une nouvelle fois l’épidĂ©mie est venue contrecarrer les plans de la Ville. "Un mal pour un bien, estime Frank Janik, nous avions une programmation moins fournie." Les dates choisies collent dĂ©sormais avec la Semaine europĂ©enne du dĂ©veloppement durable qui commence aujourd’hui, samedi 18 septembre. En mettre plein la vue L’ouverture de cette premiĂšre Ă©dition se fera dĂšs le dimanche matin avec le marchĂ© au centre-ville. Un stand de compostage sera mis en place par la CommunautĂ© de communes du Pays de Lunel et les comĂ©diens de la BoĂźte Ă  malice useront de leur crĂ©ativitĂ© dans leur rĂŽle d’aboyeur pour interpeller la foule prĂ©sente Ă  cet Ă©vĂ©nement. L’aprĂšs-midi, Ă  partir de 17 h, la manifestation entrera dans le vif du sujet avec le discours d’ouverture suivi de la confĂ©rence du plongeur-photographe Laurent Ballesta Ă  la salle Georges-Brassens. Le vernissage de son exposition photographique "PlanĂšte MĂ©diterranĂ©e" se fera dans la foulĂ©e, Ă  19 h, Ă  l’espace Feuillade. "Habituellement, les Ă©vĂ©nements autour de l’écologie sont trĂšs alarmistes et mettent en avant des images de catastrophe mais il faut montrer ce qu’il y a de beau Ă  prĂ©server ", estime Corinne PolĂ©ri. Parmi les autres temps forts de la semaine le lundi 20 septembre, l’exposition de photos de CĂ©line Bouvier, ex-cadre chez Coca-Cola, au parc Jean-Hugo, et le film documentaire prĂ©sentĂ© par l’association PĂȘcheurs d’images Ă  l’espace Castel. Le mercredi 22 septembre, la diffusion du film de Laurent Ballesta au cinĂ©ma AthĂ©nĂ©e. Le samedi 25 septembre, Ă  la piscine Aqualuna, la mise en place d’un bassin colorĂ© et polluĂ© ainsi qu’un baptĂȘme de plongĂ©e. Et le soir, au parc Jean-Hugo, un spectacle visuel et sonore sur une sphĂšre. Enfin le dimanche 26 septembre, plusieurs activitĂ©s Ă  l’Arboretum avec notamment un spectacle théùtralisĂ© de la BoĂźte Ă  malice. D'autres initiatives Ă©cologiques La municipalitĂ© n’a pas attendu d’organiser la premiĂšre Semaine de la Terre pour agir. DĂ©but juillet, les agents municipaux ont posĂ© un filet de rĂ©colte de dĂ©chets au niveau de la sortie exutoire du canal. Dans le cƓur historique de la citĂ© pescalune, il est Ă©galement possible pour les particuliers, commerçants ou associations, de dĂ©poser des demandes de permis pour vĂ©gĂ©taliser les façades. Ce sont les agents du pĂŽle espace public qui s’occupe de la plantation, la seule obligation pour les administrĂ©s et d’entretenir les vĂ©gĂ©taux par la suite.
. 214 374 6 330 313 160 455 263

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